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Des urgences qui fonctionnent au? ralenti

3 mars 2008, 00:00

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«Bizin sa kantite letan la pou tir enn dosie ?» Une vieille dame n?arrête pas de faire le va-et-vient entre la salle où «tir kart» et celle des urgences de l?hôpital du Nord.

Jugée trop exiguë pour pouvoir accueillir le flot important de patients chaque jour, un espace supplémentaire a été aménagé à l?extérieur, en attendant que débute la construction d?une nouvelle salle d?attente.

Pour le moment, des bancs additionnels ont été installés. Malgré cela, les patients ont tout le loisir de se lamenter en attendant leur tour.

S?il est d?ores et déjà prévu que l?hôpital du Nord soit pourvu, dans un avenir pas très lointain, d?une nouvelle salle d?attente, un petit tour dans les hôpitaux démontre qu?il n?est pas le plus mal loti?

Des patients impatients

Au service des urgences de l?hôpital Jeetoo, les ventilateurs d?un autre âge ne rafraîchissent qu?à peine la salle bondée. Ce qui ne fait qu?ajouter à l?exaspération des dizaines de patients... impatients et à rendre malade ceux qui ne le sont pas.

Telles ces personnes qui accompagnent des proches qui sont, eux, vraiment malades. Tel cet homme qui est venu avec un ami. «C?est peut-être le c?ur et lorsqu?on est dans l?incertitude, deux heures d?attente, c?est très long.»

Pourtant, en octobre 2005, de nouvelles mesures avaient été prises pour résoudre le désordre et réduire l?attente à une quinzaine de minutes pour chaque patient. Cependant notre incursion dans trois hôpitaux régionaux a suffi pour nous convaincre que toute bonne chose a une fin.

Aujourd?hui, comme par le passé, une, deux, voire trois heures sont nécessaires avant de pouvoir se faire soigner. Aux urgences, mais pas uniquement. Tous les trois mois, Floryse Marie accompagne sa mère Elsy, 80 ans, pour son rendez-vous à l?hôpital.

La vieille dame souffre de diabète mais aussi de problèmes cardiaques. Lundi matin, rendez-vous était pris pour neuf heures. A midi et demi, Elsy n?avait pas encore été auscultée par le médecin. Pire. A cause de cette attente de plus de trois heures, la tension de la vieille dame a atteint des sommets.

«Gramatin, li ti bien. Line atann, telman atann ki aster so tension inn monte. Telman monte ki dokter pa pu kapav get li aster. Ils lui ont donné un médicament. Elle doit manger quelque chose et attendre. Ce n?est qu?à treize heures que le médecin va la recevoir», s?insurge Floryse Marie.

Floryse, qui, à cause de cette attente supplémentaire se retrouve dans une position difficile vis-à-vis de son employeur. «A son âge, et surtout dans son état actuel, ma mère ne peut se déplacer seule. Je dois l?accompagner. Son rendez-vous était à 9 heures. Je pensais que nous aurions au moins fini pour 11 heures. Mon employeur m?a déjà téléphoné. Je vais rater plus d?une demi-journée de travail.» A une amie qu?elle retrouve dans la salle d?attente des urgences, l?habitante de Sainte-Croix, lâche dépitée : «A koz pena kas mem ki bizin vinn ici.»

Assis aux urgences de l?hôpital Victoria, à Candos, Rajesh (nom fictif), fonctionnaire, tient le même discours. Si, aujourd?hui, c?est un mal de tête «atroce» qui l?amène aux urgences, il est un habitué de ce centre hospitalier, son jeune fils souffrant d?épilepsie.

Une «connaissance» du lieu qui fait que lui n?a pas besoin d?être guidé par les «Customer Care Officers» qui «accueillent» les patients à leur arrivée aux urgences de l?hôpital Victoria. D?autres, par contre, en ont besoin. Alors comment faire lorsque la personne chargée de cette tâche n?est pas présente à son poste ?

«Un cauchemar»

Une personne qui, même lorsqu?elle est présente, ne guide pas forcément les patients de façon adéquate? Les patients perdent du temps et, par la même occasion, perdent patience. Car, n?étant pas aiguillés correctement, ils se trompent de file d?attente ou même de salle.

Rajesh soutient également qu?à plusieurs reprises, le dossier de son fils a été perdu. «Mwa, monn bizin dir dokter ki medikamen ki mo garson abitie pran», s?insurge-t-il. Pas plus tard que vendredi dernier, c?est son père qui se sent mal en début de soirée. «Nous sommes arrivés aux urgences à 19 h 30. Nous en sommes ressortis à 23 h 30. Vous trouvez cela normal ? interroge Rajesh. «Vinn lopital mo cosmar sa.»

Des jeunes venus consulter savent déjà ce qu?on va leur prescrire : «Des Panadols !» Le remède, semble-t-il, à tous les maux?

L?une des jeunes filles du groupe fait les cent pas dans la minuscule salle. Elle manque de glisser sur une flaque d?eau boueuse. Le climatiseur ne fonctionne pas vraiment mais laisse quand même échapper quelques gouttes d?eau.

Des gouttes qui se sont accumulées. Les centaines de chaussures qui ont marché dedans ont suffi à rendre cette flaque boueuse. Vous avez dit hygiène ?

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