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Des photos qui font froid dans le dos

20 août 2004, 20:00

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Le Mauritius Institute nous offre le monde jusqu?au 27 août, le monde à travers les yeux de photographes de presse. Le monde atroce, cru, devant lequel le regard reste figé. Le monde léger, amusant, qui fait sourire. Chacun des clichés de la World Press Photo Exhibition 04 marque l?esprit et le c?ur.

La première salle de l?exposition est fascinante. Des scènes de vie, du sport, la force de la nature, une représentation de la diversité de notre monde que l?on suit au fil des photos avec attention.

Tantôt frappé par la beauté pure du cliché, comme cette image symétrique de l?Ecole de Ballet Australien, prise par Tim Clayton ; tantôt happé par les sensations qu?impose, par exemple, le noir et blanc d?Adam Nadel, sur ce cliché de l?équipe nationale de football d?amputés du Sierra Leone.Les photos sont magnifiques à regarder, à s?extasier. On apprécie d?autant plus les légendes explicatives de chaque image, on prend son temps. Le monde est beau.Puis on monte à l?étage, dans la deuxième salle. Les yeux sont irrémédiablement attirés vers les images de guerre à gauche, que l?on regarde de loin, muet, sans même vouloir s?en approcher. A droite, les photos chamboulent moins. On sourit des portraits de jumeaux, o tremble un peu devant Pierluigi Scolari, on peut à tout hasard s?amuser à interpréter l?expression de Tony Bair en gros plan, qui regarde Georges W. Bush. Mais les photos, les autres, sont maintenant juste derrière. Entre deux panneaux, l?on se retrouve au Libéria, entouré de sang et de cris, des hommes et femmes, pleins de haine et désespoir. Il faut reprendre son souffle. Il faut penser fort au reporter qui a pris ces photos.

Comme pour les autres images de guerre, le plus dur n?est pas de s?avancer pour regarder mais de passer à la photo suivante. D?arriver à sortir de l?univers horrible dans lequel on est plongé.

On reste figé malgré tout comme pour s?obliger à bien garder en mémoire ce que l?on a vu, ces morts ensablés, cette famille irakienne en larmes, ces femmes fuyant le feu, les armes, barbelés, le sang de cet enfant dans les bras de ses parents. L?horreur, la vérité, d?un monde bipolaire, extrême, fascinant et terrifiant.

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