Publicité

Des petits partis parlent de gros problèmes

30 juin 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Il existe un consensus assez large au sein des partis dits ?petits? et candidats indépendants sur les défis auxquels Maurice doit faire face. Malgré des approches différentes, ils sont d?accord sur les principaux maux nationaux : un contexte économique difficile, l?effilochement de l?ordre public et l?absence de justice sociale. De surcroît, ils avancent que les deux blocs en lice n?ont rien offert de concret pour remédier aux vrais problèmes des Mauriciens.

A titre d?exemple, Paula Atchia candidate du Parti de la Majorité au n° 3 (Port-Louis-Maritime-Port-Louis-Est), Roody Munéan candidat de Rezistans ek Alternativ au n° 20 (Beau-Bassin-Petite-Rivière) et Percy Yip Tong, candidat indépendant au n° 14 (Savanne-Rivière-Noire).

Les trois déplorent la montée de la criminalité qu?ils attribuent, en grande partie, à la propagation de la drogue dans la société. ?Quand le robinet de la drogue sera-t-il fermé ??, s?interroge Paula Atchia. Percy Yip Tong a même fait du combat contre le brown sugar un de ses ?quatre axes nationaux?. Il estime que 90 % de la criminalité est perpétuée par des junkies en manque. ?L?héroïne est en train de créer une fracture sociale énorme?.

Si une solution à long terme reste à être trouvée, il insiste pour que des seringues soient distribuées dès que possible. Au moins pour stopper la progression du sida. ?On veut toujours copier les pays plus développés en termes de technologie. Pourquoi est-ce que cela ne s?applique pas à notre politique sur la drogue ??. Paula Atchia explique qu?un gros travail doit être fait en matière d?éducation des jeunes. Sinon, craint-t-elle, ?les professeurs auront bientôt peur d?aller à l?école?.

Roody Muneean estime qu?une ?société correcte ne peut être basée sur la répression?. Au lieu de l?acharnement à construire des prisons et à recruter de plus en plus de policiers, cet étudiant à l?université de Maurice préconise une approche basée sur les programmes de travaux communautaires et la réhabilitation.

Danger pour l?unité nationale

Surtout quand, comme le souligne Lindsey Collen, candidate de Lalit au n° 1 (Grande-Rivière-Nord-Ouest-Port-Louis-Ouest), dans une lettre envoyée aux électeurs : ?deux tiers de la population des prisons sont des personnes en détention préventive, qui pourrissent dans des geôles surpeuplées en attendant de passer en cour?. Lalit se démarque des partis traditionnels en faisant campagne sur des thèmes de fond rejetant l?approche sectaire et une vision libérale de la société.

La situation économique est tout aussi inquiétante. Paula Atchia explique qu?une?tâche énorme attend nos économistes avec l?inondation des marchés mondiaux par le textile indien et chinois?. Elle affirme également que ?l?hôtellerie doit faire mieux?.

?Il faut nous tourner vers les ressources marines et l?agroalimentaire sans OGM?, suggère Roody Moonean. Percy Yip Tong met en garde contre les périls sociaux d?une possible crise économique. ?Toutes les crises économiques sont accompagnées par le racisme. L?unité nationale est en danger?. Il raille les politiques qui font appel à l?unité nationale mais qui pratiquent le communalisme par derrière.

Ces trois candidats ont toutefois leurs chevaux de bataille bien à eux. Pour Paula Atchia, c?est le manque de femmes dans l?arène politique. ?Il faut faire passer une loi qui dit que chaque parti doit avoir au moins une candidate par circonscription?. Elle estime également qu?une commission d?enquête sur le financement des partis politiques doit être instituée.

Roody Muneean met l?accent sur la nécessité de construire des ?maisons décentes et abordables?, ainsi que la consolidation de l?Etat providence, la démocratie participative et la qualité de l?éducation. ?Il faut développer les sens artistiques et culturels chez nos jeunes. En privilégiant autant le côté académique, on perd des ressources artistiques immenses?.

Percy Yip Tong souligne l?importance de ?cimenter une culture nationale. Car sans culture, on a pas de racines?. Il dénonce le manque de sensibilité à l?environnement et la pauvreté. ?Il n?est pas possible, qu?en 2005, des gens vivent sans eau ni électricité?, dit-il à juste titre.

Publicité