Publicité
Des manquements aux droits des enfants
Par
Partager cet article
Des manquements aux droits des enfants
Le Comité des droits de l?enfant des Nations unies a rendu public hier ses conclusions sur la situation des droits des enfants à Maurice. S?il félicite l?Etat en partie pour le progrès accompli dans les domaines légal et politique, ses neuf experts sont critiques quant aux manquements systémiques qui engendrent disparités et discriminations.
Le gouvernement aura donc du pain sur la planche s?il espère respecter les engagements pris sous la Convention. A cet effet, le comité dresse une liste de recommandations et s?attend à ce qu?elles soient rendues publiques. Il conseille aussi de «hiérarchiser les allocations budgétaires en accordant une attention spéciale aux disparités régionales afin d?assurer une mise en ?uvre des droits des enfants».
Pour commencer, le comité «s?inquiète de la fréquence des abus sexuels sur les enfants, du nombre élevé d?enfants qui sont encore des victimes de l?usage de stupéfiants, et des ressources humaines et financières limitées» accordées à l?Ombudsperson for Children pour son bon fonctionnement. Le bureau de l?Ombudsperson for Children, dit-il, doit être assuré d?un budget adéquat et d?un personnel qualifié et doit être consulté dans toute réforme juridique et stratégique ayant trait aux enfants.
Afin de lutter contre les abus sexuels et autres, le comité préconise la mise sur pied de facilités pour soigner, guérir et réintégrer les victimes, de même que pour la formation des parents, enseignants, policiers, magistrats, pour ne citer qu?eux. Concernant l?usage de stupéfiants, il demande le renforcement des campagnes de sensibilisation, des mesures de prévention et des programmes de réhabilitation.
L?éducation n?est pas en reste. Outre la réforme du ministre de l?Education, Dharam Gokhool, le comité s?inquiète des manques d?outils éducatifs en créole. Il demande donc l?élaboration d?une politique sur l?utilisation du créole dans l?Early Childhood Development et à l?école primaire. Il préconise aussi que l?enseignement des droits humains et de ceux des enfants soit introduit dans le programme scolaire.
Le comité est également très préoccupé par le domaine de la santé. Il juge notamment que des disparités régionales existent dans l?accès aux soins. Il souhaite une réévaluation des ressources financières et humaines afin d?assurer un «accès égal» aux soins de qualité pour les enfants de toutes les régions.
Le panel de neuf experts ne peut comprendre que le Juvenile Offenders Act peut permettre à un parent de demander à la cour de placer son enfant dans une institution simplement en déclarant, sous serment, que ce dernier est «beyond control». Il demande l?abolition de cette aberration et la mise en place de services de soutien pour les familles.
Pour ce qui est des enfants autrement capables, l?Etat doit collecter des données statistiques sur leurs problèmes, établir un système de détection précoce et d?intervention et mettre sur pied «des institutions spécialisées efficaces» tels des centres de soins et de formation.
Ce n?est pas tout : le comité estime aussi que le ministère des Droits de la femme et du développement de l?enfant a «renoncé» à certaines de ses responsabilités envers les organisation non gouvernementales (ONG) sans pour autant fournir celles-ci en «ressources et directives adéquates». Pour cela, il demande à l?Etat d?octroyer aux ONG suffisamment de ressources, financières et autres, afin qu?elles puissent «s?acquitter de leurs responsabilités».
Toujours à propos du ministère, l?organe considère que «la coordination entre les différents départements gouvernementaux et les institutions chargés des droits des enfants est insuffisante». Pour y remédier, il recommande un «renforcement à tous les niveaux» ainsi qu?une attention particulière aux «différentes régions» du pays.
De plus, les ressources allouées à la mise en ?uvre des droits de l?enfant sont insuffisantes et les disparités entre les régions urbaines et rurales inquiétantes. Rodrigues et Agaléga méritent une «attention particulière». Par ailleurs, les points de vues des enfants ne sont pas «systématiquement pris en compte». Le châtiment corporel, aussi bien dans les familles que dans les écoles et les institutions pénales, doit être sanctionné.
Ce comité, qui surveille l?application de la Convention relative aux droits des enfants, avait interrogé Maurice sur son deuxième rapport périodique à Genève le 19 janvier. La Convention, ratifiée par Maurice, donne force de loi internationale à une «collection exhaustive de droits d?enfants». Le gouvernement a donc la responsabilité de mettre en ?uvre les recommandations. Hier, le comité a justement fait remarquer que plusieurs recommandations faites en 1996, après le premier rapport, n?avaient pas étaient respectées.
Publicité
Publicité
Les plus récents