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Des locataires de bâtiments commerciaux en colère
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Des locataires de bâtiments commerciaux en colère
Jean Tang, locataire de l?emplacement où il tient son magasin de vêtements, à Port-Louis, ne sait plus à quel saint se vouer. Le Fair Rent Tribunal a décidé que son loyer mensuel de Rs 4 000 sera dorénavant fixé selon un barème gradué. Ainsi, ce loyer atteindra Rs 51 000 dans six ans, en 2012.
Ce commerçant de la rue John Kennedy est le premier à encourir un jugement de ce type, rendu par ce tribunal à la suite d?une plainte déposée par le propriétaire du bâtiment. D?autres commerçants-locataires se disent maintenant appréhender le même sort.
Comme Jean Tang, ils sont plusieurs ces temps-ci à se plaindre de demandes d?augmentation de loyer déposées par des propriétaires de bâtiments commerciaux auprès du Fair Rent Tribunal. Ils se disent prêts à descendre dans la rue, à compresser leur personnel, à cesser de vendre leurs articles et même à envisager une grève de la faim si le gouvernement ne gèle, le Landlords and Tenants (amendement) Act de 2005.
Les quelque trois cents commerçants qui ont rejoint les rangs de l?Association of tenant traders and professionals veulent que le gouvernement bloque les dispositions de cette loi qui autorise les propriétaires à faire appel à un évaluateur indépendant pour fixer son loyer. Toujours selon cette loi, le propriétaire peut s?adresser au Fair Rent Tribunal au cas où le locataire n?accepterait pas le nouveau loyer.
Rencontrant la presse hier, Abdullah Ghanty, président de l?association, a déclaré que depuis l?amendement de la loi en 2005, certains propriétaires n?ont pas hésité à augmenter le loyer de manière substantielle. ?Certains ont vu leur loyer passer de Rs 150 à Rs 4 000, de Rs 5 000 à Rs 60 000 et parfois même à Rs 170 000 par mois?, a-t-il affirmé. Il a précisé qu?il n?est pas contre une révision à la hausse des loyers, mais souhaite une formule juste et équitable à l?égard des deux parties concernées.
Bâtiments en mauvais état
Les locataires de bâtiments commerciaux soutiennent aussi que, dans certains cas, une augmentation du loyer n?est pas justifiée : les bâtiments sont parfois en si mauvais état que les assureurs refusent même d?assurer leurs marchandises destinées à la vente. Depuis 2005, disent-ils, leur chiffre d?affaires a sensiblement diminué en raison de la prolifération de marchands ambulants et marchands de rue.
Ces locataires tentent actuellement de rencontrer de nouveau le ministre du Logement, Ashraf Dulull. Récemment, la question d?une révision du Landlords and Tenants (Amendment) Act avait été soulevée au Parlement par le député de la majorité Lormus Bundhoo. Le ministre avait alors répondu qu?il y avait des critiques à ce propos et qu?il étudiait la possibilité d?amender la loi après consultation avec toutes les parties concernées.
Du côté de l?association des propriétaires de bâtiments commerciaux, on affirme que cet amendement à la loi est une bonne chose. Ces propriétaires disent qu?ils pourront rénover leurs bâtiments, ayant désormais la garantie de toucher, à la longue, la valeur marchande réelle de la location de leurs immeubles.
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