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Des jeunes prennent leur quartier en main

19 novembre 2005, 20:00

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Des guirlandes lumineuses décorent l?ancien emplacement des vigiles, abandonné depuis des lustres au complexe NHDC de Camp- Levieux. Trônant au centre des blocs d?appartements, il symbolise pour les 4 000 habitants l?espoir. C?est le siège du mouvement social NHDC de Camp-Levieux, une organisation nouvellement créée par les jeunes du quartier pour améliorer leur quotidien.

La pièce est pleine à craquer. Adossés contre les murs ou assis sur des tabourets, les membres évoquent t les fléaux qui rongent la cité et les solutions qu?ils envisagent. « Si ou pe trouve autant dimoune present zordi c?est parski zot tou aspire a ene sanzment », dit d?un air décidé Waiza Moossa, secrétaire de l?association. À ses côtés, des jeunes déterminés à redonner vie à ce « ghetto ».

« Délaissés par les forces de l?ordre »

Et ce n?est pas exagérer un détail. « On vous colle une étiquette sur le dos dès que vous dites que vous habitez ici. Les CV que j?envoie restent souvent sans réponses. C?est assez démoralisant », souligne encore Waiza Moossa. Les habitants hésitent entre aigreur et fatalisme à cause des divers problèmes sociaux qu?ils rencontrent.

La drogue, la délinquance juvénile, les vols, la prostitution ternissent peu à peu la réputation des lieux « délaissés par les forces de l?ordre », en raison d?un manque d?effectifs. On hausse les épaules avec tristesse en pensant à Vanessa Pouronne, une habitante de 19 ans, dont le corps a été retrouvé dans un champ de cannes, non loin de là. Comme si c?était le sort de la localité d?être accablée de malheurs.

Si bien que dès la nuit tombée, chacun se cloître chez lui, barricadé derrière des portes renforcées. « La sécurité a fichu le camp ici. Des patrouilles de police régulières auraient eu un effet dissuasif sur les malfaiteurs », assure une mère de famille désabusée.

La communauté fonde ses espoirs sur le nouveau poste de police qui verra bientôt le jour à proximité des appartements.

C?est le sentiment d?être enchaînés à ce lieu qui les désespère. La majorité n?a pas fini de rembourser les prêts contractés pour l?achat du logement. Beaucoup veulent partir. Ils ne supportent plus ces appartements dont la laideur n?a d?égale que l?insécurité. « Nous n?avons pas le choix. Mais au lieu de baisser les bras, nous avons décidé de réagir avec l?aide de la municipalité et du gouvernement », dit encore Pascale Gilbert,la vice-secrétaire.

Le premier projet de l?association concerne une vingtaine d?enfants à problèmes. Ces derniers seront pris en charge par des professionnels afin qu?ils puissent réintégrer le mainstream. Récemment approuvé par le gouvernement, il a été mis en place grâce à l?aide financière d?une banque. Les enfants non scolarisés bénéficieront d?une attention particulière. Outre le fait de sensibiliser les parents pour les envoyer à l?école, du matériel scolaire leur sera offert. On compte sur le soutien de sponsors pour mener à bien ce projet.

Les vieux ne seront pas oubliés. « Nous allons recenser les personnes âgées, connaître leurs besoins et agir comme facilitateurs pour eux. » Une des priorités des jeunes de l?association est de réparer le plafond suintant d?une vieille dame, la garantie sur l?imperméabilité ayant expiré.

Un réseau a été établi avec les chauffeurs de taxi de la région pour le transport des malades, à des prix modiques, la nuit.

Les habitants réclament la création d?un dispensaire

Le quartier étant éloigné de tout, les habitants réclament dans une lettre adressée aux ministères concernés, la création d?un bureau de poste et d?un dispensaire. « Les vieilles personnes et les enfants endurent un vrai calvaire, la file d?attente est interminable au dispensaire de la route Hugnin, étant donné qu?il couvre une grande région. »

Le décès d?un résident qui habite à l?étage pose un véritable souci. « Descendre un cercueil par ces escaliers étroits relève de la prouesse ! » C?est la raison pour laquelle les habitants souhaitent la construction d?un bâtiment où ils pourraient facilement accomplir les rites funéraires. Ils souhaitent aussi la création d?une foire pour caser les marchands ambulants qui bloquent le trafic routier. Il suffit parfois de bonne volonté pour qu?un changement durable s?opère. « Le gouvernement veut put people first. Souhaitons que nos demandes soient prises en considération. »

QUAND LA CITE S?ANIME?

Les enfants ne seront plus laissés à eux-mêmes pendant les vacances scolaires. Le mouvement social organise avec la collaboration du ministère de la Jeunesse et de la municipalité de B-Bassin ? R-Hill, une semaine d?activités du 20 au 26 novembre. Au programme, quizz, concours de dessin, de chant et de danse, cross-country et chasse au trésor. Un concours culinaire et des tournois de pétanque et de dominos sont prévus pour les adultes.

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