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Des jeunes débattent de la sexualité
?Mister Speaker sir, I would like to? ? Le ?député? qui s?exprime n?a pas encore l?âge de voter. Le ?speaker? à qui il s?adresse, lui non plus, n?a pas 18 ans. Nous ne sommes pas à l?Assemblée nationale mais au National Women Development Centre de Phoenix.
Hier, quelque 70 jeunes ont participé à la deuxième édition du ?Parlement de la jeunesse? (Youth Parliament). Cette initiative de la Mauritius Family Planning & Welfare Association (MFPWA) interrvient cinq ans après la première édition. A l?agenda du jour, questions et débats autour du MFPWA Bill of sexual and reproductive health and rights for youth.
Devika Deeljore, présidente de la MFPWA, fait valoir que ?ce Parlement des jeunes est l?occasion pour la jeune génération d?exprimer ses aspirations et ses craintes et de contribuer activement dans un débat sur la réalité de son quotidien et son avenir?. Pratabsing Bacorisen, le ?Premier ministre?, abonde en ce sens. Lui, qui, du haut de ses 17 ans, rêve d?occuper un jour la fonction de Premier ministre, est ravi de pouvoir participer à l?élaboration de ce qui pourrait être, un jour, une loi. ?C?est une expérience enrichissante?, dit-il.
?La politique est désormais une option?
Drapée de son sari, Hansha Mahasingh, la ?ministre du Travail?, confie n?avoir jamais songé à faire de la politique. ?J?aimerais travailler dans la comptabilité ou la gestion mais après avoir vécu cette expérience, je dois dire que je commence à y prendre goût. La politique est désormais une option??
Après plusieurs visites à l?Assemblée nationale, des rencontres avec les députés et trois mois de préparation et de répétitions, les jeunes ?députés? ont bien appris la leçon. Comme leurs aînés, ils tapent sur la table pour montrer leur approbation, font circuler des petits mots, discutent entre eux alors que ?ministres? et ?députés? interviennent et lancent des piques à leurs opposants?
?Stop promising?, lance le ?backbencher? Dhanvesh Ramruttun à l?intention de Hansha Mahasingh. Il est rappelé à l?ordre par le ?speaker?, Pascal Kistnah.
Et pourtant, le ministre de la Justice leur avait demandé de ne pas copier leurs aînés. ?Ne nous imitez pas, soyez meilleurs que nous (?) Souvent, nous nous disputons parce que notre ego est trop grand. Il faut débattre avec son adversaire et non abattre son adversaire.?
?Donner la chance aux jeunes?
Toutes les questions posées par les ?députés? portaient sur le sujet du projet de loi : la santé sexuelle et reproductive des jeunes. Devika Deeljore est d?avis que le sujet choisi cette année est plus que d?actualité. ?Viols, harcèlements sexuels et grossesses précoces font désormais partie de notre quotidien. Il fallait bien commencer par quelque chose pour conscientiser les jeunes. Le Parlement des jeunes nous a paru un bon début.?
D?autant plus que le ministre de la Justice leur a promis de prendre en considération leurs idées. ?Ce genre d?activité est loin d?être futile. Nous prendrons en considération vos idées. Nous en ferons un projet de loi?, a soutenu Rama Valayden.
Avec le lancement du Centre des droits humains, le ministre de la Justice souhaite que le Parlement des jeunes siège toute l?année. Ce sera chose faite ?d?ici janvier 2008?. Les jeunes ont d?ores et déjà exprimé leur intérêt pour y siéger.
Pour Dhanvesh Ramruttun, 16 ans, faire partie du Parlement des jeunes, lui permettrait de ?voice out? les préoccupations de ses camarades. Devika Deeljore confirme qu??il est important de donner la chance aux jeunes de s?exprimer?. ?Nous pouvons constater un changement dans le comportement des jeunes. D?introvertis, ils deviennent extravertis.?
Préambule à une carrière de politicien pour certains, ou enrichir leur C.V. pour d?autres, le Parlement des jeunes demeure pour tous une ?bonne expérience? qui forge leur caractère.
Valérie OLLA
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