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Des fruits et légumes malgaches exportés vers Maurice

6 avril 2006, 00:00

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On ne parle pas encore de mesures d’assouplissement mais cela y ressemble. Deux mois après la visite de son ministre de l’Agriculture, Arvin Boollel, l’île Maurice prend des initiatives s’apparentant à une sorte de concession, inimaginable il y a encore deux ans. à commencer par l’importation, à titre d’essai, d’une cargaison de pommes de terre Meva, une variété locale, par le biais de la société ERS Mada.

Et si l’opération réussit, la Grande île sera en position de force pour devenir le principal fournisseur du marché mauricien de ce produit. Contrairement à la spunta, la variété Meva est déjà très répandue chez les producteurs et dans des centres de multiplication de semences des zones productrices, dont le Vakinakaratra.

L’autre initiative concerne le domaine phytosanitaire. Petit à petit, le brouillard se dissipe quant aux réelles craintes de chaque partie. Des solutions concrètes prennent forme pour franchir les obstacles.

L’île Maurice commence même à ouvrir une voie à de nouvelles variétés de fruits et de légumes malgaches, autres que la pomme de terre, susceptibles d’intéresser ses consommateurs. Mais il a fallu une mission de prospection, organisée par la FAO, pour que les problèmes soient véritablement discutés entre techniciens.

Des pathologistes des deux pays ont sillonné plusieurs localités. Leur mission : identifier d’autres zones de production saines, ainsi que d’autres types de fruits et légumes pouvant être exportés à Maurice.

Leur principal souci réside dans une petite bestiole, du nom de Hoplochelus sp, “fano” en malgache, un insecte qui s’attaque aux cultures fluviales et particulièrement la canne à sucre. “Les techniciens mauriciens ont surtout peur que cet insecte arrive chez eux et contamine leurs plantations de canne à sucre ”, précise Second Modeste Velombola, agronome et biologiste-entomologiste au centre de recherche Fofifa, ayant participé à la prospection.

Un souci nommé “Hoplochelus sp”</B>

Moyennant quelques conditions, ils ont établi une liste d’une dizaine de localités, avec également une dizaine de nouveaux produits comme le maïs, la courgette, la fraise, le kaki ou bien la carotte et avec les différentes maladies contaminatrices. Les pathologistes ont même proposé des solutions de traitement adaptées à celles-ci.

Ce qui est le plus important. “Il faut nous comprendre. Maurice est une petite île et imaginez que des maladies arrivent chez nous et détruisent nos cultures ”, devait dire le chargé d’affaires mauricien Adam Koodruth. Une déclaration qui rejoint celle du ministre Arvin Boollel lors de sa visite à Madagascar en janvier. “Maurice est un pays exportateur. Il est réputé pour son respect des normes ”, a précisé le ministre.

Les résultats de la mission seront donc intégrés dans un cahier des charges, élaboré par les techniciens malgaches et ensuite validé par la partie mauricienne. Ce cahier des charges calqué sur celui de la pomme de terre, intégrera toutes les recommandations pour chaque produit et pour chaque zone de production. Celles-ci ont trait aux semences et à toute la chaîne de production, en particulier le traitement à froid.

Évidemment, l’élimination de la Hoplochelus sp sera au coeur des traitements exigés par les pathologistes mauriciens. “C’est pour cela que je dois d’abord établir la délimitation géographique des zones comores

La marche forcée vers les primairestouchées par cet insecte à Madagascar, sur les hautes terres en particulier ”, affirme Second Velombola. “Maurice est très pressée et l’exportation devra débuter dès l’année prochaine. Il faut donc arriver à boucler toutes les formalités administratives au plus tôt ”, continue-t-il.

<B>Mahefa RAKOTOMALALA</B> L’express de Madagascar</I>

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