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Des détenus manifestent pour du? flan
Manifestations, actes de désobéissance, sit in? La grande nuit de Shiva n?a pas été de tout repos dans nos prisons. Faisant fi de tous les règlements, les pensionnaires de nos institutions pénitentiaires se montrent de plus en plus réfractaires à l?autorité. Ainsi, à la prison de Beau-Bassin, ?on aura frôlé la mutinerie?, si l?on en juge par les dires d?un officier de la prison. Face à cette situation, somme toute pénible, un de ses collègues lance, de guerre lasse, ?les prisonniers font tout simplement ce qu?ils veulent?.
Mais que s?est-il vraiment passé à la prison de Beau-Bassin depuis lundi ? Certains détenus auraient réalisé que ceux affectés à la cuisine se préparaient des mets spéciaux, comme du pudding et autres flans. Des douceurs considérées par les prisonniers comme un luxe. La découverte a donné lieu à la colère des autres détenus. Renseignements pris, il semblerait que ces douceurs sont échangées contre de l?argent, des faveurs ou d?autres produits.
Ayant décidé de montrer leur mécontentement par rapport à ces ?privilèges?, les détenus en ont profité pour faire d?autres revendications. Ils ont affirmé que la quantité de nourriture à laquelle ils ont droit n?est pas suffisante et qu?ils ne mangent pas à leur faim. Plus d?une centaine d?entre eux ont envahi, furieux, la cuisine de la prison lundi matin. Après que les officiers en charge eurent vainement tenté de les raisonner, les officiers de la Prison Supporting Squad (PSS) ont dû venir à la rescousse et enlever de force les quelque 130 prisonniers de l?endroit qu?ils avaient choisi pour manifester.
?Zot ti pe zet tou ce ki zot trouve?
L?incident s?est cependant reproduit dans l?après-midi. Mais cette fois, ils étaient encore plus remontés. ?Zot ti pe sonn laklos, zot ti pe devir bann zafer, zot to pe irle, pe zet tou seki zot trouve?, raconte un officier. Il rassure cependant : il n?y a pas eu de blessé. Les officiers en charge, Bahadoor et Patten, sont de nouveau mandés sur les lieux. Nouvelle tentative de discussion. Celle-ci s?avère fructueuse : les détenus décident d?obtempérer. Et cela, sans violence.
Hier matin, nouvel attroupement, dispersé toutefois par les officiers du PSS. Quel est en fait le problème ? ?Une prison doit être calquée sur le système communiste : tous les prisonniers doivent être traités de la même façon, sinon ils se révoltent?, explique un garde-chiourme.
?C?est tout simplement une question de manque de contrôle sur les prisonniers?, objecte un autre officier de la prison. ?Je vous donne deux exemples : hier 15 détenus sidéens sont montés sur le toit de la New Wing et ont conversé librement avec des détenues de la Women?s Prison sans en être inquiétés. Dès son arrivée, le conseiller indien a décidé d?ériger un fencing dans l?enceinte de la prison. Les prisonniers étaient contre. Le fencing a été érigé mais il a été piétiné.? Et de préciser que, contrairement à ce qu?une radio a annoncé, il n?y a pas eu d?incidents récents à la Bastille, ni de blessés.
Sollicité, le commissaire des prisons, Bill Duff, déclare qu?il y a bien eu des incidents et qu?une enquête est en cours pour en déterminer les causes.
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