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Des décisions politiques sur BPML mises en cause
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Des décisions politiques sur BPML mises en cause
L?enquête sur Business Parks of Mauritius Ltd (BPML) met au jour d?autres secrets. Plusieurs carences, tant au niveau des décisions politiques que celui de la gestion ? plutôt que des fraudes en tant que telles ? sont décriées dans le rapport du Fact-Finding Committee (FFC) sur la gestion de la compagnie.
Et les conséquences ne se font pas attendre : ?Le gouvernement a décidé d?appliquer toutes les recommandations du rapport. Il n?y aura pas de politique de deux poids, deux mesures. Il n?y aura aucun cover up comme c?était le cas sous l?ancien régime?, affirme le ministre de la Technologie informatique, Etienne Sinatambou. Celui-ci fait partie du comité ministériel mis sur pied pour étudier les recommandations du FFC. Ce comité, composé également du ministre des Administrations régionales, James Burty David, du ministre du Travail, Vasant Bunwaree, et de l?Attorney General, Rama Valayden, a rendu publiques les conclusions du rapport.
Le FFC, quant à lui, était présidé par Haris Balgobin, ancien président du Tribunal d?arbitrage permanent. Raj Busgeet, expert-comptable, et Bruno Dumazel, arpenteur juré et consultant en développement immobilier, étaient ses assesseurs.
Les enquêteurs demandent aux autorités compétentes une investigation en profondeur sur les zones d?ombre entourant le Cybervillage. Car, à leurs yeux, il y a de forts soupçons d?ingérence du gouvernement d?alors, ainsi que des manquements au niveau du Central Tender Board. En effet, affirment-ils, il n?y aurait pas eu assez de vigilance par rapport aux procédures adoptées. Ainsi, l?Independent Commission against Corruption sera appelée à enquêter sur les circonstances entourant la création du Cybervillage.
Selon le projet initial, le Cybervillage est la dernière composante de la cybercité. Or, en raison de la tenue des Jeux des îles, ce projet devenait du coup une priorité pour BPML. Car les appartements devaient servir à loger les athlètes.
?La meilleure alternative était d?héberger les athlètes dans des hôtels. Une évaluation généreuse des coûts des hôtels et des services relatifs à l?hébergement tourne autour de Rs 20 millions?, écrit le rapport.
Le coup d?accélérateur à la construction des résidences (maisons individuelles et appartements) et de l?espace récréatif du Cybervillage devait déboucher sur une augmentation substantielle des coûts de construction. Initialement estimé à Rs 700 par pied carré, le coût passe à Rs 1 000 le pied carré, d?après une évaluation technique du quantity surveyor. Pire, au moment de lancer les appels d?offres, le prix augmente encore. Les promoteurs, en l?occurence BPML et la Mauritius Housing Company chiffrent la construction à Rs 1 300 le pied carré. Le consortium BPML-MHC finalise donc un chiffre de Rs 495 m, soit presque Rs 100 m de plus que ce que prévoyaient déjà les estimations déjà rehaussées du quantity surveyor.
?Jusqu?ici Rs 540 m, soit Rs 150 m de plus que les estimations, ont été déboursées pour cette extravagance inexplicable. Avec l?entretien et les autres services, le robinet est encore grand ouvert?, souligne le FFC.
Les enquêteurs égratignent au passage le secrétaire du conseil d?administration, Radhakrishna Chellapermal (un haut cadre du ministère des Finances) pour n?avoir pas attiré l?attention des membres du board sur ce point. ?Le secrétaire est également un haut officiel du ministère des Finances. La protection des finances de l?Etat aurait dû être le principe qui le guide.?
La procédure des appels d?offres est également montrée du doigt. Seules deux sociétés de construction ont fait des propositions pour le projet alors que les règles exigent au moins trois soumissionnaires. La MHC a ignoré cela et a décidé de passer à l?exécution du projet. Une entreprise chinoise et un consortium de compagnies locales (General Construction, Rehm-Grinaker, Allied Builders et MRGC) étaient les candidats. C?est ce dernier qui a eu le contrat.
Or, dit le FFC, des représentants de ce consortium avaient participé à une réunion de haut niveau en octobre 2001 avec des conseillers du gouvernement, où des questions stratégiques concernant la cybercité furent débattues. Mais les enquêteurs s?empressent d?ajouter : ?Nous préférons croire qu?il n?y a pas eu d?information privilégiée qui était susceptible de déformer le processus d?appel d?offres.?
Le gouvernement demande, par conséquent, aux membres du conseil d?administration de BPML, dont l?executive chairman est Chand Badhain, de se retirer de leur propre gré. C?est ce que préconise du reste le rapport du FFC.
Les enquêteurs tiennent les directeurs pour responsables de la situation financière de BPML et réclament leur remplacement par des personnes plus ?expérimentées et dévouées et qui sont consciencieuses de leurs devoirs sous le Companies Act?.
L?octroi des terres à des promoteurs privés dans la cybercité d?Ebène est à l?origine de bien de problèmes financiers qu?a connus l?organisme durant son existence. Le rapport demande à la BPML de reprendre toutes les portions allouées à des opérateurs qui n?ont pas respecté les conditions stipulées dans ces contrats. ?Des terres ont été allouées à des petits copains. Plusieurs locataires n?ont pas respecté les conditions des baux. Certains ont construit des bâtiments d?un ou deux étages seulement, alors qu?ils auraient dû avoir des projets beaucoup plus ambitieux?, déplore le ministre Etienne Sinatambou.
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