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Des cours du soir pour adultes

25 août 2008, 00:00

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C?est une classe pas comme les autres. Ils sont tous des adultes, la majorité des mères de famille et employées dans divers secteurs. Il n?y a ni crainte ni stress. Au contraire, c?est à grands coups d?éclats de rire que se déroule cette classe.

En ce début de soirée de mardi, 11 femmes et un jeune homme, assis dans un bureau converti en salle de classe à Labourdonnais, apprennent à réciter des phrases. En face d?eux, se trouve la formatrice, Stéphanie Piat. Cette dernière est engagée par le groupe Beachcomber.

Depuis le début de juillet, ils sont 16 adultes à suivre des cours d?alphabétisation à Labourdonnais. Ils viennent tous de la région de Pamplemousses. Ces cours sont organisés à l?initiative du Comité d?action de Pamplemousses (CAP) et ils sont financés dans le cadre du Fonds espoir et développement.

En ce mardi soir, c?est un cours de prononciation que donne Stéphanie Piat. Les femmes s?en sortent tant bien que mal. Quelques minutes, le cours est basé sur le langage gestuel. Les stagiaires reçoivent la mention bien.

Peu après, les stagiaires sont appelés à allumer leurs ordinateurs. Deux ou trois ont des difficultés à le faire et ils sont aidés par la formatrice. La majorité se tire d?affaire, alors qu?ils n?ont jamais tapé sur un clavier.

Le programme comprend des modules taillés sur mesure pour eux. Comme par exemple, savoir lire les indications avant de prendre un médicament.

Huit semaines après les début des cours, Stéphanie Piat estime que les stagiaires sont sur la bonne voie. «Je fais tout pour ne pas rappeler l?école à ces personnes, car il ne faut pas qu?il y ait cette attitude d?un maître d?école face à ses élèves», explique la formatrice.

Cette dernière affirme qu?il existe une certaine cohésion au sein du groupe. «Souvent j?organise des jeux pour renforcer les liens d?amitié. Et vous avez vu, ils rigolent, ils se relaxent et ne sont pas stressés.»

Elle est confiante qu?après les cours, la majorité des stagiaires seront en mesure d?envoyer des e-mails à leurs proches. Il seront aussi capables de remplir convenablement une fiche ou un formulaire, comme pour effectuer un retrait bancaire par exemple.

Selon la formatrice, actuellement quelques-uns des stagiaires ne lisent que le titre d?un article et sont incapables d?en comprendre le contenu . Elle est d?avis que ces cours leur permettront d?être mieux armés pour poursuivre la lecture.

Stéphanie Piat regrette toutefois que certains employeurs ne jouent pas le jeu. Ces cours, souligne-t-elle débutent à partir de 17 ans. Mais certains patrons n?accordent pas la permission à leurs employés. C?est d?autant plus dommage qu?elle estime que c?est l?entreprise qui bénéficiera en premier de ces cours d?alphabétisation.

Le président du CAP, Clency Sylvio, rappelle qu?un autre groupe d?adultes est sur la liste pour suivre ces cours. «Nous ne pouvons pas prendre plus de 16 personnes lors d?un stage, puisqu?il n?y a que 16 ordinateurs.»

Warren Fine, un des rares hommes qui suit le stage, estime qu?après huit semaines, il est en mesure de lire plus facilement sa rubrique préférée dans le journal, c?est-à-dire la page cinéma.

Marina Clara, la quarantaine, est fière de pouvoir allumer un ordinateur. Elle estime qu?après seulement huit semaines de cours, elle a accompli beaucoup de progrès.

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