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Des bidonvilles sur l?autoroute
La politique de logement de l?Etat consiste-t-elle à construire? des bidonvilles ? A même l?autoroute du Nord, à la hauteur de Bois-Marchand, 29 petites cases en tôle sont en train d?être érigées avec la bénédiction de l?Etat. Des deux-pièces qui obligeront ces familles à cuire et à faire leurs besoins dans des conditions sommaires. ?Nou pu fouy trou?, explique un habitant. Au vu et au su des usagers de la principale route menant au littoral.
Ces 29 familles ont été aidées par le Trust Fund for the Social Integration of Vulnerable Groups (TFSIVG). Chacune a reçu 26 planches de bois et 35 feuilles de tôle pour la construction de leur maison. Une dizaine est déjà construite. La solution se veut temporaire, mais personne n?est en mesure d?indiquer jusqu?à quand elle le sera...
Si l?aide apportée par l?état est honorable, la formule mérite réflexion. Question urbanisme, il est malheureux que si peu d?effort soit fait. Nous sommes loin du soin esthétique consacré aux appartements destinés aux locataires de la NHDC.
Le choix du site n?est pas des plus recommandables pour d?autres raisons. Non seulement les abords d?une autoroute aussi fréquentée sont dangereux, mais ils n?offrent pas une vie très saine. Ce nouvel environnement ne peut être propice à l?épanouissement.
Ces habitants, en majeure partie d?origine rodriguaise, sont pourtant convaincus qu?une vie meilleure les attend. ?Kot nu pe reste aster, lakaz pe coule coule. Li pouri?, explique Stewart qui habite Riche-Terre avec sa mère Bibi, 63 ans. Ils espèrent déménager dès que la case aura été construite.
Louis, 60 ans, s?est récemment installé à Bois-Marchand avec l?aide de son fils et de son gendre. ?Ti ena enn ta bagarr?, dit-il de son ancien quartier à Cité La Cure. Ce maçon à la retraite espère maintenant ?viv enn bon lavi dan enn bon environman?. Avant d?arriver à Bois-Marchand, Margaret Milazar louait une maison à Rs 3 600 par mois. ?Letam tir rasyon, dilo, lalimyer pa ti ress narien?, raconte cette mère de sept enfants.
A la cérémonie de remise des terrains, le ministre du Logement et des Terres, Asraf Dullul, leur avait dit qu?il ne faudrait pas qu?ils deviennent des ?assistés?. Mais ils revendiquent déjà, une connexion aux réseaux d?eau et d?électricité.
Au-delà de la politique de logement, c?est celle de la réinsertion qui est discutable. Le TFSIVG tentera certes ?de mettre en place les structures d?accompagnement?. Une réunion est prévue dimanche avec les bénéficiaires à Bois-Marchand, indique le coordonnateur du TFSIVG, Iswarlall Herbungs. Tirer des personnes vulnérables et démunies d?un quartier peu recommandable pour les installer dans un autre qui le deviendra tôt ou tard, ne peut répondre aux objectifs du TFSIVG.
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