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Denrées alimentaires : Menace de pénurie de riz
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Denrées alimentaires : Menace de pénurie de riz
Le problème du riz refait surface. L’Observatoire du riz (ODR) a déclaré que la pénurie guette son ravitaillement. “Nos analyses sur la situation actuelle du marché du riz prévoient une possible pénurie”, annonce Rasolofo, directeur de cet organisme. Propos avancé hier, lors de la séance de présentation des études de l’ODR à la Banque mondiale. “Il faut, dans les jours à venir, prendre des décisions fermes pour pallier cette menace”, a-t-il précisé.
“Le principal facteur de cette menace porte sur la baisse de l’importation”, explique le directeur de l’ODR. “Depuis le mois de juillet, aucune importation en riz n’a été enregistrée dans le pays”, continue-t-il. “Les opérateurs rechignent à en importer avec la chute du prix sur le marché local”, explique-t-il. La situation est devenue complexe depuis quelques semaines. Au regard de la baisse de la valeur du produit sur les étals ces derniers mois, il est aujourd’hui contraignant pour les importateurs d’écouler le produit sur le marché malgache.
Le kilo du paddy se vend en ce moment aux alentours de Ar 400, contre près de Ar 600 au début de l’année. “Il est difficile de rentabiliser l’activité dans ces conditions”, remarque un importateur de la capitale. “C’est le riz local qui dicte la vérité des prix aujourd’hui”, poursuit-il. Le prix à la vente sur le marché local est largement inférieur au prix appliqué sur le marché international.
Selon les études menées par l’ODR, cette chute du prix est le résultat de la forte importation qui s’est opérée en 2005. A laquelle s’ajoute l’amélioration de la productivité lors de la dernière récolte. “L’amélioration du rendement rizicole provoque une baisse au niveau du prix”, confirme Bart Minten, chercheur au Colgate University. “La grande disponibilité du riz sur le marché a entraîné une baisse de la valeur du produit”, explique encore le directeur de l’ODR. L’offre est devenue trop importante et logiquement le prix tend à diminuer. En parallèle, le report du stock du riz importé en 2005 par les opérateurs, a provoqué une baisse de l’activité de collecte. “Le nombre des collecteurs a diminué par rapport à l’année dernière”, précise Rasolofo. “De ce fait, le paddy ne trouve plus preneur, et le prix baisse naturellement”, fait-il ressortir.
“La situation peut devenir critique si des mesures ne sont pas prises à temps”, commente le directeur. L’imminence des élections peut également, dans ce contexte, influer négativement sur la stabilité du prix. L’ombre de la crise sociale et économique de 2002 reste encore très présente dans les esprits. A l’heure actuelle, les opérateurs adoptent, sur plusieurs niveaux, une attitude attentiste qui entrave le bon déroulement de la chaîne commerciale.
Dans cette optique de menace de pénurie, l’Observatoire du riz propose une voie de sortie : “La solution idoine serait que les intervenants de la filière reprennent leurs activités et redonnent du dynamisme au marché”, soutient son directeur. De son côté, l’administration devra faciliter la circulation des informations. “La gestion de la période-crise jusqu’en mai 2007 doit être anticipée dès maintenant, en encourageant les opérateurs”, suggère Rasolofo. Dans le long terme, les autorités se doivent de poursuivre le désenclavement des régions éloignées, mais aussi de rétablir la sécurité et poursuivre l’amélioration de la productivité des agriculteurs.
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