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Deneuve, Trintignant Depardieu au St-Géran

5 mai 2005, 00:00

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Aux prises pourtant aux séquelles des affaires Singhania, Stanley-Diljore, budget supplémentaire rejeté, de directeur de l?Audit contesté, de hold-up de la démocratie, de naufrage du Mauritius II, les journalistes de 1980 et, probablement, leurs lecteurs trouvent le temps de s?intéresser au tournage à Maurice du film de Claude Berri ?Je vous aime?, des faits et gestes et du va-et-vient des interprètes, à savoir Catherine Deneuve, Jean Louis Trintignant, Isabelle Lacamp et Gérard Depardieu. N?oublions surtout pas la star, aujourd?hui la plus célèbre de toute cette équipe. Nous voulons parler de Chiara Mastroïanni encore qu?à l?époque elle n?a qu?une douzaine d?années et se contente de suivre sagement sa maman, l?actrice fétiche de Luis Bunuel. Isabelle Lacamp est une croupière de casino. Elle parvient à séduire Gérard Depardieu qui délaissera la belle Catherine pour l?épouser. Celle-ci quittera celui-là pour l?énigmatique Trintignant.

L?affreux Jojo qu?est Depardieu a alors 31 ans. Il tourne allègrement six films par an et pas n?importe lesquels car, classiques ou populaires, ils sont pour la plupart de la classe de Deux hommes dans la ville, des Valseuses, de Vincent, François, Paul et les autres, de Sept morts sur ordonnance, de la Dernière femme, Je t?aime, moi non plus, de Dites-lui que je l?aime, des Chiens. Il n?apprécie guère le vedettariat et il le dit: ?Les stars sont des morts mais je suis vivant? et bon vivant. Sa femme Elisabeth lui a donné deux enfants, deux autres acteurs encore plus talentueux que lui puisqu?il s?agit de Guillaume et de Julie Depardieu. Il ne refuse jamais un rôle même quand, démesurés, ils approchent la limite de la folie. Il se passionne pour les faits divers. Il apprécie les rôles poussant les personnages à l?extrême limite de leurs possibilités. Il apprécie autant les défauts que les qualités des personnages qu?on lui propose d?incarner à l?écran. Il pousse à bout volontiers leurs registres car il privilégie toujours les caractères passionnés. Le monde dans lequel il doit vivre quotidiennement est déjà un monde de folie.

On dit volontiers qu?il a un corps et sait s?en servir. Il n?aime guère que les gens oublient leurs corps et les cachent derrière toutes sortes de vêtements, de sous-vêtements, de survêtements. Il pratique volontiers les activités sportives auxquelles peuvent s?adonner les personnages qu?il doit incarner. Il refuse donc le vedettariat et se contente d?être un saltimbanque avec toutes les exigences que cela comporte. En attendant, il se laisse aller, à Maurice, aux charmes du séga. Ses profs sont en l?occurrence les danseuses de Roger Clency.

Nous sommes dans un autre registre avec Jean Louis Trintignant qui avoue avoir un physique et une voix tristes. Il se veut à la fois homme et acteur de la ?plante des pieds à l?occiput?. Il sait avoir tourné une centaine de films dont une vingtaine de bons (le pourcentage est de lui). Il a signé deux réalisations. Il considère le cinéma comme un art neuf ayant encore beaucoup de choses à dire et à montrer. Le cinéma n?a pas de limite comme le théâtre. N?importe qui peut en faire même ceux qui ignorent tout de la grammaire du cinéma. De plus en plus, on peut tourner en plein air et cela permet ce qu?interdisaient les studios. De plus grande sensibilité de pellicule d?autres miracles à l?avenir. Il reproche au cinéma français d?être un cinéma d?auteur, d?être trop intellectuel.

Les interprètes de ?Je vous aime? débarquent à Maurice le 4 mai 1980. Le Saint-Géran doit servir de cadre à certaines séquences du film de Claude Berri, lui-même un acteur talentueux.

En ce début de mai 1980, la presse fait état de la nomination de M. Oozeerally à la direction du chargement du sucre en vrac. La FSSC demande instamment au gouvernement et aux politiciens de respecter l?indépendance de la PSC, quelque peu fragilisée par l?affaire Stanley-Diljore. La poste émet de nouveaux timbres en hommage aux navires s?étant illustrés dans les eaux mauriciennes. Sont représentés dans cette série l?Emirne, la Boudeuse, le Boissevain et le Sea Breeze. Hervé Masson expose à Paris. André Decotter ne tarit pas d?éloges sur les qualiltés littéraires du roman de Marcelle Lagesse, Une lanterne au mât d?artimon. On peut le comprendre.

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