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Demande d?une hausse du prix sucre sur le marché local

10 avril 2006, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le consommateur risque de se retrouver devant une facture? salée ! Le Syndicat des sucres, les usiniers et les associations de planteurs de cannes ont soumis une demande conjointe au gouvernement, réclamant une augmentation du prix du sucre sur le marché local. Ils estiment qu?il ne reflète pas son coût réel. La demande retient l?attention de l?Etat, selon les premières indications.

La consommation annuelle locale de sucre est d?environ 40000 tonnes. Aussi étonnant que cela puisse paraître, cette commodité est importée de l?Afrique du Sud par le Syndicat des sucres. Les usines locales sont en effet contraintes d?exporter leurs produits pour satisfaire les quotas étrangers, à un prix plus rémunérateur.

Le cours sur le marché mondial est la principale raison avancée par les demandeurs. L?International Sugar Organisation (ISO), dans ses dernières analyses, indique que le prix du sucre blanc et roux ?a explosé? entre novembre et février. Au 3février, le sucre a trouvé preneur à Rs5,78 la livre, soit un prix record sur les 25 dernières années.

Moyens pour réformer

Autrefois commercialisé à la livre, le sucre blanc, qu?on retrouve sur les rayons des commerces locaux, est maintenant écoulé en sachets. Le prix moyen est de Rs5,50 et Rs 10 par sachet d?un et de deux kilos respectivement. Ces prix représentent la moitié de son coût réel à l?importation.

?Un réajustement est nécessaire pour refléter le coût réel. Le prix de cette commodité est contrôlé. Nous attirons l?attention du gouvernement sur le paradoxe prévalant dans ce secteur. Avec la baisse du prix garanti, le producteur aura moins de revenus. En même temps, il se retrouve à débourser davantage chaque année pour maintenir le prix du sucre à un seuil fixe?, explique Jean Li Yuen Fong, directeur de la Mauritius Sugar Producers Association, une des organisations signataires de la demande.

Un membre du gouvernement déclare pour sa part que l?Etat ?ne pourra pas faire la sourde oreille à toute requête, qui sera étudiée avec toute l?attention voulue?. D?autant plus que dans le contexte actuel, estime-t-on, l?industrie sucrière est en quête de moyens pour mener à bien la réforme imposée par la baisse de 36 % du prix garanti sur le marché européen.

Le mécanisme de financement de l?importation du sucre est ainsi : un prélèvement est effectué sur les recettes du producteur local, pour maintenir le prix sur le marché local au niveau fixé par l?Etat. En raison de la fluctuation des prix à l?importation, le producteur peut se retrouver à débourser, indirectement, un montant donné. Cette contribution peut varier dans la même proportion qu?une hausse du cours mondial, comme c?est le cas actuellement. Cette différence est en ce moment de l?ordre de quelque Rs400 millions.

La demande excède l?offre

Ailleurs dans le monde, répercutant la hausse dans leurs marchés domestiques, les pays tels que la Russie et la Chine ont augmenté leur prix d?environ 50 %. Même le Brésil, premier producteur et exportateur de sucre, a passé une majoration de 67 % à sa population au cours des six derniers mois.

Comment expliquer cette subite flambée de prix ? Les analystes de l?ISO avancent un nouvel argument: la demande excède l?offre. Dans son rapport en date du 28 février, l?ISO affirme que le marché sera à court de presque deux millions de tonnes de sucre, qui seront puisées des stocks.

Ce facteur s?ajoute à d?autres qui influent davantage sur le cours mondial : la facture énergétique mondiale, le mouvement des devises et l?exécution de nouvelles politiques. ?Le marché mondial du sucre est entré dans des eaux inexplorées, où les facteurs fondamentaux ne dictent plus le cours du prix?, fait ressortir ces analystes.

Mieux encore, l?ISO se dit dans l?incapacité de déterminer si le prix actuel est l?apogée, ou s?il s?agit d?une rampe de lancement pour dépasser la barre des Rs 6 la livre.

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