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De Paris à Midlands

19 juin 2005, 00:00

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On doit aux indépendants une bonne part du folklore de la campagne. Éric Bahloo et Mario Peertun y ajoutent une touche singulière. En effet, entre autres causes, ils militent pour les Mauriciens d?ailleurs. Même si l?argument a peu de chances de porter ses fruits, ils sont si convaincus, qu?ils sont venus de France pour faire campagne.

Éric Bahloo a délaissé momentanément son poste de comptable dans une entreprise parisienne et des études de troisième cycle en droit qui lui permettront « d?être au service des plus pauvres ». Mario Peertun est agent commercial à Paris. Les deux hommes abandonneraient bien leurs carrières s?ils étaient élus. « Nou oule amenn nou blok dan developman nou pei. Nu lombril entere isi et nu pei, se Moris », disent-ils.

L?idée de lancer Freelance, leur regroupement, est, selon les deux candidats du n° 17 (Curepipe-Midlands), la suite logique de leur démarche de fédérer les Mauriciens qui vivent en France pour s?entraider. L?un de leurs chevaux de bataille est le droit de vote des Mauriciens vivant à l?étranger. Ils veulent également créer, à Paris, une maison de la culture mauricienne et « une ambassade plus pro-active » pour promouvoir Maurice en France.

Ces trois demandes, affirment-ils, avaient été soumises à Navin Ramgoolam, alors Premier ministre, en octobre 1998. Une copie avait également été envoyée au leader de l?opposition de l?époque, Paul Bérenger, qui avait promis son appui. « Depuis, zero plombaz ! », constate Éric Bahloo.

Mais leurs demandes dépassent ces trois causes. À des lieues d?ici, ils disent avoir entendu la pauvreté, la précarité « en hausse constante », l?indifférence des politiques « sourds » aux besoins des gens ; l?absence de réflexion sur des projets de société, la démagogie? Cela a donné un programme en 33 points.

Ils vont d?une législation contre les transfuges à un impôt sur la fortune, en passant par la déclaration des avoirs de tout candidat à la députation, une loi sur le financement des partis politiques, une autre interdisant le financement par l?État, de groupes socioculturels, accusés de « diviser le peuple ». Enjeux secondaires ? Ils ne le pensent pas. « Nous voulons provoquer un vrai débat national sur les vrais enjeux auxquels notre pays aura à faire face », affirme l?animateur.

Enfermés jusqu?ici dans leur réflexion sur le développement du pays, ils sont venus pour agir. « La lutte ne fait que commencer », a lancé le leader de Freelance, mardi, à la centaine de personnes présentes à son meeting. Entre-temps, il a oublié sa déception d?une tentative ratée d?obtenir un ticket d?un des deux blocs.

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