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David Constantin - Les toiles filantes

13 octobre 2008, 00:00

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Se libérer du dessin. Se laisser guider par l?épure. Faire d?abord des taches de couleurs. Et les contrôler par la suite. Tracer dedans, pas seulement ce que l??il voit. Mais surtout ce qu?il recrée.

Du 16 au 20 octobre, il s?agira de suivre Les toiles de David, à la galerie du Moulin Cassé. Mais qu?elle est-il ce repère, ce marqueur de sensibilité. «C?est quelque chose qui fait partie de moi», répond David Constantin. «Il y a des périodes où je ne fais rien. La peinture c?est ma passion. C?est ce qui me permet de me vider l?esprit».

Passion par opposition à son métier, la réalisation de films. En somme, deux manières de travailler l??il. La méthode de Constantin n?a pas changé depuis 2005, date de sa dernière expo solo.

C?est toujours le rendez-vous du samedi avec le groupe des immuables : Roger et Bernard Charoux, Maryse Hardy, Monique La Vallée Poussin et quelques autres. Rendez-vous avec la ville ? Port-Louis ? et son port. Et même si l?on a fait dix fois le tour des ruelles transformées en petit marché, des façades coloniales qui se meurent, des bateaux rouillés agonisant dans la rade, il s?agit de persévérer. De trouver l?angle nouveau à chaque fois. Pour espérer développer son style à côté des «anciens».

Celui de David Constantin se construit dans les variations de sa palette ocre et bleue. Cet ocre qui, «se retrouve partout dans la ville, que ce soit dans le bois ou la rouille. Il n?y a pas de tableaux où il n?y a pas une touche d?ocre. C?est une couleur qui fait vibrer les autres».

Que l?on soit au Trou Fanfaron à regarder le port de derrière un grillage. A «se demander qui est dedans, qui est dehors, qui est réellement enfermé», philosophe le peintre. Ou dans une rue latérale à la rue Desforges, devant le temple Kailasson, qui a l?air de s?appuyer au Pieter Both.

Ville désertée

Une balade dans une ville déserte, car, constate le peintre, «les gens ne m?intéressent que quand il y a une masse qui bouge». David Constantin reconnaît qu?il a une «vision un peu désincarnée» de la ville. Une ambiance qu?il retranscrit à l?aquarelle, à l?encre et au fusain. Pour «la liberté» que ces médiums accordent. Pour la rapidité qui les accompagnent. Ce qui permet de saisir le moment. Le ciel orange, la montagne mauve. Le c?ur ocre. Les yeux débordant de bleu.

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