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Dans le monde du travail
Dans un contexte de perte de pouvoir d?achat, la question des salaires reprend toute son importance. Patrons d?entreprise, syndicats et Etat s?engagent, selon un rituel annuel, dans des négociations dont l?aboutissement n?est jamais du goût des protagonistes. C?est en cela aussi que les mécanismes mis en place pour déterminer la compensation salariale butent sur des considérations qui contribuent à rendre la situation plus floue. Les syndicats ne veulent pas associer productivité et compensation. Le monde concurrentiel met à juste titre l?accent sur la fragilité des différents secteurs de l?économie dans le but de modérer les attentes salariales. L?État, de son côté, joue un périlleux rôle d?équilibriste. Dans une telle situation, il est judicieux de cibler d?autres leviers que le seul salaire pour continuer à motiver l?employé.
En France, le président de la République a plaidé, hier, en faveur d?une nouvelle impulsion à l?intéressement et à la participation. Pour la participation, le montant des primes versées aux salariés varie en fonction des résultats annuels de l'entreprise. Elles sont exonérées d'impôt, mais restent bloquées pendant une durée de cinq ans sauf circonstances exceptionnelles comme un mariage ou la naissance d'un troisième enfant? La prime versée à chaque salarié en termes d?intéressement est, elle, liée à la réalisation d'objectifs choisis dans l'entreprise. Elle est imposable sauf si elle est versée sur un plan d'épargne d'entreprise où elle est indisponible pendant une durée de cinq ans. Ces deux outils avec les plans d?épargne permettent d?associer financièrement les salariés aux résultats de leur entreprise et à celle-ci d?accroître sa performance. Un tel dispositif, s?il ne répond pas directement aux attentes des salariés, offre cependant des possibilités de croissance à l?entreprise et d?un mieux-être financier à l?employé.
En France toujours, on ne cesse de multiplier les initiatives afin de retrouver la croissance et de recouvrer une partie du pouvoir d?achat perdu. Après les heures supplémentaires et le slogan «travailler plus pour gagner plus», la participation et l?intéressement seront les leviers qui vont être réactivés. Le président français a urgé le secteur concurrentiel d?ouvrir les négociations avec les syndicats en ce sens. S?il est vrai que les employés et leurs syndicats préfèrent une augmentation salariale directe, il n?en demeure pas moins que les principes de l?intéressement et de la participation constituent des moyens qui permettent autant aux entreprises qu?aux salariés de respirer un peu plus facilement alors que la compétition ne cesse de devenir impitoyable avec les économies émergentes.
À Maurice, par contre, la focalisation se fait uniquement sur les salaires. Pour la présente année, le quantum de compensation identifié par le «National Pay Council» n?a pas manqué de faire sauter plus d?un au plafond. Les Rs 283 de compensation salariale mensuelle aux plus bas salaires, soit ceux percevant jusqu?à Rs 3 500, sont jugées insuffisantes pour rattraper une partie de la perte du pouvoir d?achat. Mais si on effectue un bref retour en arrière, on retiendra que les attentes des syndicats et des salariés sont toujours déçues alors que l?État et le secteur privé assurent qu?ils font le maximum d?efforts en termes de compensation.
Aussi longtemps qu?on se limitera à la seule question des salaires, on se laissera prendre dans un cercle vicieux stérile. Le monde du travail offre, aujourd?hui, plusieurs possibilités. Outre les outils cités plus haut, il existe toute une mentalité par rapport au travail qu?il importe de bousculer. Le principe d?un travail pendant une vie ne résiste plus à la flexibilité qui doit caractériser l?employé. La mobilité, la multiplicité des rôles que compose le salarié moderne, l?élasticité des entreprises à amortir les chocs et à prendre de nouveaux défis sont autant de dynamiques nouvelles dont il faudra s?inspirer.
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