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Danielle Wong, Directrice de la MEXA

20 mai 2008, 00:00

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Danielle Wong, Directrice de la MEXA

Les multiples interventions de la Banque de Maurice suffiront-elles à la relance de l?industrie textile ?

Non, ce n?est pas suffisant. Ce qui est arrivé est exceptionnel. Il y a eu plusieurs effets : l?appréciation de la roupie ; le retournement de la situation conjugué à une récession aux Etats-Unis ; le marché qui se restreint en Europe, etc. C?était comme un «cyclone de classe 4» !

Certaines entreprises commencent déjà à se restructurer, pour ne pas dire «licencier». Notamment Tee Sun Ltd et Sweat Sun Ltd. La roupie telle qu?on l?a connue, a toujours aidé les entreprises à être compétitives pour palier notre infrastructure déficiente et une productivité qui n?est pas la meilleure. Avec une faible productivité et une infrastructure défaillante, nous n?avions que la roupie pour nous soulager. Le «miracle mauricien» dont on a toujours parlé est, en partie, dû à cette roupie pour ce qu?elle valait.

Quelles sont les difficultés créées par cette roupie forte ?

La situation est exceptionnelle car nous sommes étonnés de l?ampleur des dégâts provoqués. Nous nous rendons compte que la zone franche n?est pas la seule affectée. C?est tout le pays qui est concerné. C?est dans l?intérêt général que la Mauritius Export Association (MEXA) a porté le flambeau car nous voyons toutes les entreprises menacées. A qui profite cette roupie forte ? Certainement pas au pays. En tant qu?exportateurs, nous avons vu nos recettes diminuer. Ce qui a engendré ce spectre de licenciement en masse qui pointe à l?horizon.

On ne peut pas se permettre, au nom d?une «roupie forte» de mettre le pays à genoux. Pourquoi contrôler l?inflation si les gens n?ont plus de pouvoir d?achat ? A qui profitera la roupie forte s?il n?y a plus d?emplois ? Le dégât créé par cette situation de roupie forte, c?est environ Rs 3 milliards de manque à gagner. Ce qui correspond à des pertes sèches pour certaines entreprises. Et celles qui ont pu faire des profits, n?en auront pas suffisamment pour faire les investissements qu?il faut.

Nous avons bénéficié d?une roupie forte par le passé, mais cela a servi à réinvestir dans l?économie.

Qu?attendent les exportateurs du gouvernement ?

Nous pensons être dans une phase de transition, où il faudra assister les entreprises à se restructurer. Si le secteur du sucre est soutenu, alors pourquoi pas le textile ? C?est quelque chose qui a déjà été fait en 2003, lors de la suppression de l?accord multi-fibres. Il y a eu le Textile Emergency Support Scheme, et le Technical Diffusion Scheme. La Mexa redemande ce genre d?accompagnements pour maintenir ce secteur qui se trouve être le plus démocratique, où les investissements se diffusent à travers tout le système.

Quid du spectre de licenciement qui pèse sur le textile ?

Notre objectif est de maintenir le personnel en place. Les entreprises sont dans une situation où elles ne peuvent plus tenir longtemps. Si la roupie maintient sa tendance, elles seront obligées de passer à la restructuration. Nous saluons le courage du gouverneur de la BOM pour ses multiples interventions. Toutefois, au-delà de l?appréciation de la roupie, il faut revoir les goulots d?étranglement au niveau de l?infrastructure (le port, l?aéroport, les routes). Nous sommes 132e sur 150 pays. Cela constitue, pour nous, un défi de contribuer au relèvement du niveau infrastructurel.

La MEXA organise, du 26 au 30 mai, «la semaine de la logistique». C?est un événement majeur pour conscientiser la population qu?au-delà du défi conjoncturel, existent d?autres défis structurels. Pour nous amener à revoir ce que nous voulons pour notre logistique dans les années à venir. La bataille de la productivité se gagnera au niveau national.

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