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Dangereuses habitudes

16 août 2004, 20:00

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Les poids lourds sont de nouveau sur les routes à toute heure. Au fil du temps, leur taille et leur charge ont augmenté sensiblement. Et ils prennent de la place.

Il y a quelques années, un ministre bien avisé avait donné des instructions précises pour que les véhicules de fort tonnage se rangent sur les aires de stationnement de l?autoroute aux heures d?affluence. Ce n?est plus le cas et c?est dommage. Après l?accident qui a décimé plusieurs membres d?une famille sur la Nationale, les automobilistes, traumatisés par cet effroyable carambolage, vivent dans la crainte d?une catastrophe similaire qui ferait d?eux des victimes impuissantes.

Des usagers de la route font remarquer que ces mastodontes roulent moins vite depuis. A la suite probablement de directives reçues de la police ou des compagnies gestionnaires. Ou des deux sans doute. Fort bien ! Mais le trafic s?en trouve aujourd?hui considérablement ralenti même si certains persistent à faire des rallyes de vitesse.

<B>■ A gauche ou à droite ?</B>

Il est temps que des règles bien définies soient appliquées, une fois pour toutes, sur la route. Par exemple, les déplacements de ces poids lourds, de plus en plus nombreux, devraient être régis (sauf pour les transporteurs de sucre) par des tranches horaires bien spécifiques. Actuellement, ils circulent aux heures de pointe en même temps que la grande majorité des automobilistes et des motocyclistes qui descendent vers la capitale ou qui rentrent chez eux l?après-midi. La bonne formule consisterait, en fait, à donner priorité aux voitures. Avec le résultat d?une certaine fluidité au trafic montant et descendant.

N?est-il pas temps aussi que les responsables de la circulation se décident sur un point crucial : les motocyclistes et autres cyclomotoristes doivent-ils rouler à gauche ou à droite ? Dans le flou actuel, c?est souvent l?accident si ce n?est un stress permanent pour l?automobiliste qui doit avoir l??il partout. Si les autorités décidaient qu?ils devraient garder la gauche, ce qui serait plus raisonnable, étant donné que les deux-roues seraient plus exposés à droite, les conducteurs avertis redoubleraient d?attention avant de tourner ou de se rabattre sur la gauche. Si on optait pour la droite, les deux-roues devraient se discipliner et éviter de doubler de ce côté. Il faut se décider. Le flou, l?indécision, le laisser-aller et le manque de rigueur sont la cause de bien des malheurs.

<B>■ La solution : les garde-fous </B>

Qu?attend-on, d?autre part, pour installer des garde-fous le long de la route Royale, vis-à-vis de l?arrêt d?autobus de Grande-Rivière-Nord-Ouest ? Ces barrières obligeraient les passagers, pressés à en perdre toute notion de prudence, à longer la voie pour accéder au passage pour piétons, pourtant situé à quelques mètres plus loin. Récemment, un malheureux père de famille est passé sous les roues d?un bus à la tombée de la nuit. Cet endroit est devenu chaotique, avec les bus qui arrivent à vive allure, les voitures qui sortent du chemin de Pailles, celles qui prennent la voie de Pointe-aux-Sables et les piétons qui traversent la route à tout moment. Cheveux blancs garantis pour les conducteurs comme pour les passagers.

<B>■ La vitesse, la grande coupable</B>

La grande coupable reste la vitesse. On ne respecte plus la priorité : des bolides vous doublent sans crier gare ou apparaissent subitement dans votre champ de vision. On se gare n?importe où, de préférence sur les trottoirs, dans les villes comme dans les villages et sous l??il indulgent des policiers. Cela oblige les pauvres piétons à descendre dans la rue.

Les agents de la circulation ont un quota à remplir pour les contraventions. C?est pour cela qu?elles sont distribuées sans aucun discernement. L?esprit de la loi est bien loin. Alors que traverser la ville ou le village devient un vrai parcours du combattant avec le parking sauvage, il est rare que l?on sévisse contre cette pratique aussi irritante que dangereuse. Il faudrait donc contraindre les véhicules à se garer dans les rues adjacentes afin de dégager, au moins, les routes principales.

<B>■ Sans lumière</B>

Et les piétons? Quand le gouvernement ne fait rien pour leur sécurité, il est sévèrement critiqué. Or, les pouvoirs publics ont fait ériger des passerelles un peu partout dans le pays. Malheureusement, très peu de passants l?empruntent, que ce soit sur l?autoroute, près du collège Royal de Port-Louis, à Coromandel ou ailleurs. Idem pour les tunnels de la place d?Armes. Des imprudents jouent à la roulette russe. Le plus beau, c?est que ces masochistes donnent le mauvais signal aux touristes qui ne savent pas qu?ils pourraient traverser en toute sécurité dans les passages souterrains. C?est là où quelques contraventions, systématiques et pendant tout un mois, auraient peut-être raison de ces dangereuses habitudes. En fait, la liste de ces entorses à la loi serait trop longue s?il fallait les citer toutes.

Il y en a une cependant qui semble désespérément faire partie du folklore mauricien. C?est rouler à bicyclette sans lumière. Ils sont de plus en plus nombreux à le faire sur des voies pas éclairées, sans être conscients du danger auquel ils s?exposent. Même les coureurs cyclistes, qui s?entraînent sur nos routes principales, oublient d?avoir recours à cet accessoire qui sauve pourtant la vie. Certains n?ont même pas ces pédales fluorescentes que l?on voit, il est vrai, à la dernière minute mais qui au moins signalent leur présence.

Quand on pense que le chef inspecteur Buntipilly et son équipe ainsi que Cyril Perinaygon s?égosillent à donner chaque matin, depuis des années, de précieux conseils aux usagers de la route, allant jusqu?à leur recommander de ne pas porter de vêtements sombres à la tombée de la nuit, il faut s?interroger sur la prédisposition des Mauriciens à l?insouciance. Insouciance ou propension à l?indiscipline ? Peu importe. Dans les deux cas, cette disposition d?esprit ne nous fait pas honneur et elle peut avoir, comme constaté, de plus en plus, de graves conséquences sur le taux de mortalité de la population. Arrêtons l?hécatombe. Prenons enfin les mesures qu?il faut pour que nous puissions prendre la route sans avoir la peur au ventre.

<I>?Les pouvoirs publics ont fait ériger des passerelles un peu partout dans le pays. Malheureusement, très peu de passants l?empruntent, que soit sur l?autoroute, près du collège Royal de Port-Louis, à Coromandel ou ailleurs.?</I>

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