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Cuttaree plaide la cause textile devant le Congrès américain

21 avril 2004, 20:00

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L?HEURE de vérité approche pour l?AGOA III. Le Ways and Means Committee du Congrès américain organise une audition le 29 avril sur ce projet de loi qui vise à étendre la durée de vie de l?African Growth and Opportunity Act (AGOA) jusqu?à 2015.

L?AGOA III, comme il est communément appelé, prévoit aussi l?extension pour trois années encore de la dérogation permettant aux pays les moins avancés d?importer des matières premières de pays tiers tout en bénéficiant d?un accès en hors taxe sur le marché américain. Cette dérogation devrait expirer en septembre prochain.

Le ministre des Affaires étrangères et du Commerce international, Jayen Cuttaree, quitte Maurice pour Washington demain afin de déposer devant le Ways and Means Committee. Outre l?audition sur l?AGOA III, le comité s?engagera dans l?exercice de ?marking up? du projet de loi. Il peut ainsi modifier ou amender le projet de loi avant qu?il ne soit soumis au Sénat.

C?est dans cette phase critique que Maurice souhaite faire apporter un amendement afin que notre pays soit également inclus sur la liste des pays bénéficiaires de la dérogation sur l?importation des matières premières.

?Les deux à trois semaines à venir seront cruciales pour l?AGOA III et notre demande de dérogation?, déclare Jayen Cuttaree. Le ministre profitera de sa présence à Washington pour participer activement à la campagne de lobbying que mènent déjà Peter Craig, le représentant commercial de Maurice aux Etats?Unis, et Paul Ryberg, de la Mauritius-US Business Association (Musba).

Optimistes mais prudents

Le ministre Cuttaree a un calendrier chargé à Washington. Dès lundi prochain, il rencontrera l?US Trade Representative Robert Zoellick. Il contactera également une série de sénateurs, d?élus de la Chambre des représentants et de responsables à la Maison-Blanche pour obtenir leur soutien, d?une part pour l?AGOA III et, d?autre part, pour la demande de dérogation de Maurice sur les matières premières.

Au niveau des chances de l?AGOA, ceux qui suivent le dossier sont raisonnablement optimistes mais restent prudents. La Chambre des représentants est en effet favorable au projet de loi et ne devrait pas s?y opposer.

Le problème risque de se poser au niveau du Sénat. Les sénateurs ont d?autres priorités et d?autres motivations. Ils risquent ainsi de vouloir rattacher toutes sortes de lois ou amendements à l?AGOA III, ?au risque de le faire couler?, explique Jayen Cuttaree.

L?extension de certains bénéfices pour le Moyen-Orient ou pour le Népal, ou encore des facilités pour Haïti, peuvent être rattachées à l?AGOA III et créer la controverse.

Dans la conjoncture, il existe trois scénarios possibles. L?AGOA III peut ne pas être voté. Il peut être voté avec une extension de sa durée de vie jusqu?à 2015, mais la dérogation sur les matières premières ne serait pas renouvelée.

Dans un tel cas, Maurice se retrouverait à pied d?égalité avec les pays les moins avancés de la région. Ces derniers, qui ont fondé leur industrie textile sur cette dérogation, risquent de beaucoup souffrir de la concurrence de la Chine, notamment.

Scénario catastrophe

Maurice en pâtirait également, mais dans une moindre mesure. Comme le fait ressortir la Banque mondiale dans une récente étude, seule une partie (40 %) des vêtements exportés par Maurice obtient un traitement duty-free. Le pays est donc compétitif dans certaines catégories de produits, même en payant les droits de douane.

Maurice Vigier de la Tour, le dirigeant de la Musba, souligne que Maurice est toujours deuxième dans la région en termes de valeur des exportations vers les Etats-Unis, même si, en termes de volume, le pays se place sixième. ?Le prix moyen par mètre carré de vêtement que nous exportons est de US$ 5,95, dit-il. Le prix moyen pour les autres pays de la région est de US$ 3,30. Clairement, nous sommes dans une gamme de produits à plus forte valeur ajoutée.?

Le pire scénario serait que l?AGOA III soit voté avec le renouvellement de la dérogation pour les pays les moins avancés mais que Maurice soit exclue des bénéficiaires. Nos voisins verraient alors leurs exportations sur le marché américain augmenter à notre détriment. Même avec notre positionnement sur des niches de marché, nos exportations vers les Etats-Unis se contracteraient.

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