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Curepipe aux Curepipiens affirme un groupement apolitique
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Curepipe aux Curepipiens affirme un groupement apolitique
L?opposition au MMM, pour empêcher principalement que les municipales du 12 décembre 1982 ne soient la course d?un seul cheval, commence à se manifester, du moins dans certaines villes, dont Curepipe. Des patriotes, dont Clarel Malherbe, regroupés autour de Satcam Boolell, font savoir aux électeurs que les promesses préélectorales du MMM ? PSM les ont bernés. Ils appellent les Mauriciens à la vigilance. Gaëtan Duval, leader du PMSD, souhaite que ces municipales soient une leçon pour le MMM.
Le coup de théâtre viendra d?un Groupement Curepipien (GC), se voulant apolitique mais qui fait savoir qu?il fait acte de candidature aux municipales à venir. Il compte présenter 24 candidats, soit huit dans chacun des trois arrondissements de cette ville. Sa devise est on ne peut plus explicite : Curepipe aux Curepipiens ! L?objectif est d?offrir, à ceux-ci, des candidats indépendants et apolitiques, pour servir leur ville et l?administrer d?une manière non partisane mais efficace. GC fournit à tous une preuve irréfutable que ses membres sont parfaitement au courant du problème No 1 à Curepipe puisqu?ils choisissent, comme emblème électoral, le... parapluie. Plus Curepipien que ça, tu meurs !
Paula Atchia, vice-présidente de ce groupement apolitique mais électoral, prie fermement les politiciens de laisser l?administration de Curepipe aux Curepipiens. Pour mieux enfoncer le clou, elle fonde sa requête sur la médiocrité des administrations politiques du passé. Comment lui donner tort ?
Sarat Lallah, le secrétaire du GC, soutient que l?administration d?une ville relève davantage de ses habitants que de politiciens, venant de nulle part ou presque, et parachutés par un comité politique ou, pire encore, par un comité idéologique, chargé de la distribution des tickets électoraux, à la veille du dépôt des candidatures (Nomination Day). Les habitants d?une ville connaissent forcément mieux les problèmes de leur ville que des extraterrestres ou presque, dont la première loyauté est, bien sûr, leur parti et sa ligne de conduite, et non pas les intérêts des habitants, ceux des plus démunis, étant, bien sûr, prioritaires. Sarat Lallah accuse et ça rate rarement sa cible : les partis politiques ont suffisamment divisé Curepipe afin de pouvoir mieux imposer leurs caprices et fantasmes aux Curepipiens. Il observe : le plébiscite électoral d?un groupement apolitique permettra de poursuivre le bon travail commencé à Curepipe par la Commission administrative provisoire, composée, rappelons-le, de Rivaltz Chevreau de Montléhu, président, de Mlle Florence Hall, ancienne fonctionnaire municipale, de Dwijendranath Sooknah, d?Ahmad Sooltangos et de Georges Philips (voir l?express du 2 juillet 2007). Sarat Lallah appréhende également la victoire municipale de tout parti ne participant pas au gouvernement central du jour. Une telle éventualité peut conduire à un ostracisme administratif, dont feront les frais les citoyens, habitant une ville, ainsi boycottée par l?Hôtel du Gouvernement. Le GC, explique Lallah, privilégiera les réunions privées, forum idéal pour expliciter sa motivation et dialoguer avec les citoyens, entendre leurs doléances, prendre note de leurs besoins. Il compte énormément sur le bénévolat des volontaires car il n?est financé de personne. Paula Atchia intervient pour préciser qu?il ne faut pas compter sur le GC pour abrutir les citoyens, à coups de messages et de slogans, diffusés par haut-parleurs, mobiles ou fixes.
Roger Lamusse, ancien commissaire indépendant de Curepipe, rappelle que le dialogue a toujours été inadéquat entre la mairie et les Curepipiens. Il promet de corriger une si déplorable anomalie, en cas de victoire, bien sûr. Jacky Sauvage esquisse les grandes lignes du programme municipal du Groupement curepipien : restructuration de l?administration municipale, meilleure motivation des fonctionnaires, revalorisation des tâches, services appelés à devenir plus efficaces et plus performants, embellissement et assainissement de la ville, mise sur pied d?un Citizen Bureau et d?un service continu de secours d?urgence, parution d?un journal mensuel pour assurer la communication entre la mairie et les citoyens. Ne dit-on pas qu?une administration saine et efficace d?une collectivité locale est pavée de pieuses intentions.
Les membres du GC sont Leckraz Burton, président, Paula Atchia, Sarat Lallah, Steeve Turmel, Eugène Laurent, Fédère Agathe, Roger Lamusse, Nessan Mohamood, Kishore Gopaul, Noël Chong Ah Yan, Hedley Bègue et Jacky Sauvage. L?Histoire s?interroge sur le silence du président, lors de ce point de presse. Pourquoi l?écrase-t-on de la sorte ?
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