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Cunningham : Le bilan après six ans

16 août 2008, 00:00

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Une mission ingrate. Celle de venir à bout de la corruption et des abus au sein de la douane. Quel est le bilan avec le départ du directeur des douanes, Bert Cunningham ? Mitigé.

Mais son testament serait difficile à falsifier. A la tête du département des douanes depuis 2002, Bert Cunningham quitte une douane avec un nouveau visage, même si celle-ci est rongée de l?intérieur par des guerres claniques. Mais ses réformes, l?ancien directeur des douanes n?a pu toutes les concrétiser. Parmi celles-ci, le changement de la tarification de certains produits importés pour éviter de fausses factures et la sous-facturation. Mais il n?aurait pas reçu le soutien de ses collègues et de ses supérieurs.

Bert Cunningham voulait uniformiser les tarifs sur l?importation de chaussures. Le dossier est toujours en suspens. Du coup, sur le marché local, l?on trouve des paires de chaussures fabriquées en Chine et celles provenant de la Malaisie, du même modèle, de la même usine? avec une différence de prix de 50 % au moins.

Autre réforme non réalisée : l?importation des vêtements avec une tarification unique. Pour les mêmes motifs, soit éviter les fraudes douanières. Mais là aussi, Bert Cunningham n?aurait pas pu bénéficier du support voulu. Il aurait par la suite appris que des douaniers seraient derrière ce business à travers des marchands ambulants.

La vérification de conteneurs dans les entrepôts des importateurs fonctionne à moitié. Ce plan de Cunningham n?est pas systématiquement suivi par des douaniers. Pour preuve, un conteneur a pu quitter le port-franc alors qu?il devait être sous surveillance de la douane. Un douanier aurait même aidé un opérateur du port-franc à écouler ses marchandises sur le marché local. Le dossier du douanier incriminé a été référé à l?Independent Commission against Corruption.

Les points forts</B>

Suite aux ordres de Bert Cunningham, les importateurs n?ont pas de contact direct avec les douaniers dans le traitement des récépissés d?importation. Tout est fait de manière anonyme, privant ainsi les douaniers corrompus d?une forme de pourboire obligatoire venant de l?importateur. Car, auparavant, le tiroir du bureau du douanier aurait été toujours ouvert. Pour que les billets de banque pliés en quatre y atterrissent. A la fin du mois, cette méthode permettrait au douanier d?avoir autant d?argent que son salaire fixe.

A l?aéroport, les douaniers auraient eu pleins pouvoirs avant l?arrivée de Bert Cunningham en 2002. Des pouvoirs pour décider s?il faut taxer ou non les commerçants et autres importateurs. Depuis l?arrivée du Canadien, c?est désormais la compagnie PATS qui traite les marchandises importées et non les douaniers. Le scanning des marchandises dans le port a permis de réduire les fraudes douanières de plus de moitié. Cette démarche de Bert Cunningham cible ces conteneurs qui cacheraient d?autres produits que ceux inscrits sur la fiche d?importation du commerçant.

Bert Cunningham a également réussi à imposer une discipline à la douane. Même si elle n?est pas systématiquement suivie. Dorénavant, les procédures et autres objectifs de chacun sont affichées dans son département. Ce que Bert cunningham appelle l?uniformisation des normes.

La création de sa Fast Team a aussi permis à une équipe de douaniers d?enquêter en permanence sur des cas de fraude ou de suspicion de fraude impliquant des commerçants. Cette équipe a aussi fait le suivi de toutes les transactions douanières et a permis de mettre à jour bon nombre de sous-facturation, de contrebande, entre autres.

Mais les chiffres n?ont pas joué en faveur de Bert Cunningham. Lorsqu?il est arrivé à la tête de la douane, les revenus dans les caisses de l?Etat étaient élevés : Rs 6 milliards il y a deux ans. Avec la baisse et l?abolition des droits de douane sur bon nombre de produits suite à l?accord signé par Maurice auprès de l?Organisation mondiale du commerce (OMC), ces revenus ont diminué drastiquement.

Pour l?année financière écoulée, ils étaient chiffrés à Rs 2,3 milliards. La Mauritius Revenue Authority (MRA) prévoit des revenus de Rs 1,3 milliard pour l?année financière à venir. Ce que certains au gouvernement considèrent comme une goutte d?eau car la MRA, excluant la douane, a rapporté près de Rs 40 milliards.

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