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Crise au Tibet : le Dalaï Lama devrait adopter la stratégie de Gandhi
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Crise au Tibet : le Dalaï Lama devrait adopter la stratégie de Gandhi
La résistance non-violente inventée par Gandhi obéit à des règles draconiennes.
Si on les enfreint, tout l?édifice ? moral, politique et médiatique ? construit patiemment peut s?écrouler en quelques jours. C?est ce que redoute le Dalaï-Lama, qui menace de démissionner. En cela, il adopte la même tactique que Gandhi en 1922.
Cette année-là, en Inde, le mouvement de désobéissance civile dirigée par Gandhi est à son apogée. Les Indiens boycottent toutes les institutions anglaises (les tribunaux, les écoles...) et refusent de payer leurs impôts. Beaucoup pensent que la victoire sur l?empire britannique, le Raj, est à portée de main.
Mais, en février, dans le village de Chauri Chaura, dans l?Uttar Pradesh, de terribles violences éclatent. Vingt- deux policiers sont tués.
A la surprise générale, il stoppe la campagne, net. Et décide de tout reprendre à zéro. Il en est certain : il ne gagnera pas ainsi, par la violence.
L?armée britannique est trop puissante. Et, si la violence continue, il perdra son meilleur allié ? la presse occidentale.
Enfin, de toutes façons, il ne veut pas gagner de la sorte. Car, dit-il, «l?arbre est dans la graine». En menaçant de démissionner, le Dalaï Lama, grand admirateur de Gandhi, montre qu?il a tiré les leçons de Chauri Chaura. Seulement voilà : il ne va pas jusqu?au bout.
Gandhi était un formidable leader politique et un grand stratège médiatique.
Après Chauri Chaura, il a su mettre au point une tactique extrêmement originale (dont le point d?orgue a été la géniale «marche du sel» en 1930).
Des leaders d?Organisations non-gouvernementales tibétaines en exil ont, depuis le 10 mars dernier, repris l?idée et ont lancé «la marche du retour» de Dharamsala vers la frontière tibétaine.
Or le Dalaï Lama, chef spirituel incontesté mais guide politique hésitant, s?oppose à cette marche très gandhienne. Il n?a qu?une seule tactique : tenter d?ouvrir le dialogue avec Pékin.
Beaucoup pensent qu?il ne devrait pas s?accrocher à cette seule tactique et multiplier les actions non-violentes originales et fortes. Comme le «Mahatma» en son temps.
<I>© Le Nouvel Observateur</I>
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