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Mobilité électrique
Le modèle de la CNT inspire les Seychelles
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Mobilité électrique
Le modèle de la CNT inspire les Seychelles
Le secteur du transport public poursuit sa transition énergétique à Maurice avec le développement des infrastructures dédiées aux autobus électriques. Dans ce contexte, le dépôt de la Corporation nationale de transport (CNT), à La Tour Koenig, a accueilli, mardi 9 juin, la ministre seychelloise des Transports, des ports et de l’aviation civile, Véronique Laporte, venue découvrir les installations et s’inspirer de l’expérience mauricienne en matière de mobilité électrique.
Elle était accompagnée du ministre des Transports terrestres, Osman Mahomed, dans le cadre d’une visite visant à renforcer la coopération entre Maurice et les Seychelles autour du transport durable et de la transition énergétique.
Sur place, les autorités ont assisté à la présentation des nouvelles infrastructures de recharge destinées à la flotte d’autobus électriques de la CNT, marquant une étape importante dans la modernisation du réseau de transport public. Osman Mahomed a insisté sur l’ampleur des transformations en cours, qu’il décrit comme un véritable changement de modèle. «C’est un changement de paradigme complet. Un autobus électrique n’est pas un autobus diesel. Il nécessite des infrastructures de recharge, des installations haute tension et une planification en amont», a-t-il déclaré.
Selon lui, la transition est déjà bien engagée. «Environ 95 % de la flotte électrique a été livrée et est opérationnelle», a-t-il affirmé, soulignant que la modernisation du système était devenue indispensable face au vieillissement du parc existant. Il a rappelé que plusieurs autobus en circulation avaient plus de 21 ans et avaient déjà parcouru plus de 1,6 million de kilomètres, illustrant la pression exercée sur le réseau de transport public.
Réseau d’infrastructures en expansion
Le ministre a précisé que les 100 autobus électriques acquis auprès de l’Inde ont été livrés en cinq lots, le dernier étant arrivé en avril 2026. Il a également indiqué que le partenaire indien a fourni une partie des infrastructures de recharge afin d’accompagner la transition progressive vers l’électrification du réseau.
Le déploiement repose sur plusieurs dépôts équipés de bornes de recharge, notamment à La Tour Koenig, Rémy Ollier, Forest-Side et Rivière-du-Rempart. À La Tour Koenig, le site compte 45 autobus électriques opérant sur 13 lignes avec neuf stations de recharge. Le dépôt de Rémy Ollier exploite 20 bus sur 10 lignes avec deux points de recharge, tandis que Forest-Side, toujours en développement, est conçu pour accueillir 19 bus sur six lignes avec neuf stations. Rivière-du-Rempart, pour sa part, opère neuf bus sur quatre lignes.
Cette organisation permet à la CNT d’assurer une transition progressive entre les anciennes flottes diesel et les nouveaux véhicules électriques, tout en garantissant la continuité du service public.
Osman Mahomed a également mis en avant la dimension environnementale du projet, rappelant que le secteur du transport représente une part importante des émissions nationales de carbone. «Le transport représente environ 31,6 % des émissions de CO₂ à Maurice. Ce projet est une étape clé pour réduire notre empreinte carbone», a-t-il souligné.
Le programme s’inscrit aussi dans une stratégie plus large de transition énergétique, intégrant progressivement des solutions solaires pour alimenter certaines infrastructures de recharge et réduire la dépendance aux énergies fossiles.
Les Seychelles observent le modèle mauricien
En déplacement officiel, Véronique Laporte a salué l’expérience mauricienne, qu’elle considère comme une référence pour les petits États insulaires engagés dans la modernisation de leur transport public.
Les Seychelles envisagent l’introduction de 250 autobus électriques sur une période de cinq ans dans le cadre de leur propre stratégie de transition énergétique, également en partenariat avec l’Inde. «Nous sommes ici pour apprendre de l’expérience mauricienne en matière de mobilité électrique», a-t-elle déclaré, soulignant l’intérêt porté au modèle d’infrastructures et d’exploitation développé à Maurice.
Elle a également qualifié la visite de «très fructueuse», estimant que les échanges techniques entre les deux pays permettront d’accélérer la mise en œuvre du programme seychellois. Les équipes techniques des deux ministères collaborent déjà sur plusieurs aspects opérationnels.
La visite a également permis d’aborder d’autres aspects liés à la gestion du transport routier. Selon Osman Mahomed, les Seychelles s’intéressent notamment au système mauricien de permis à points, dans le cadre de leurs réflexions sur le renforcement de la discipline et de la sécurité routière. Cette dimension élargit la coopération bilatérale au-delà de la seule électrification des transports, en incluant des politiques de régulation et de sécurité routière.
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