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Creative Showcase 2005
La rencontre a lieu à l?agence de mode Heat, dont les mannequins défileront vendredi prochain à l?Université de Maurice. C?est l?efferverscence dans le studio. La bretelle est trop lâche, il faut la serrer. On épingle le tout et c?est reparti pour un coup de ciseaux. Décousons donc le parcours de ces jeunes en pleine ébullition.
« Nous sommes tous différents, nous avons notre propre façon de nous exprimer. Voilà pourquoi nous avons choisi ce thème principal : Effervescence ou A fizzy way of expression », explique Mélissa Nadal. Elle a choisi un thème précis: «Eximage» ou la fusion des techniques de l?art. « Je me suis inspirée de la diversité artistique de plusieurs époques. Des années 1990, tout en réalisant des photos montages ou des impressions des extraits de journaux sur les vêtements », confie Mélissa avec passion. De John Galianno à Jackson Pollock, ses inspirations varient pour des modèles purement Teenager?s Wear. Malgré toutes les nuits blanches, passées à réfléchir ou à créer, la jeune étudiante n?a pas de regrets aujourd?hui.
Pour elle aussi, c?est un peu le même parcours. Un nom commun, Charlène Lafolle, pour un thème complexe- « Cocooning ». C?est lorsqu?elle croise le chemin d?un papillon que l?idée la titille. Le papillon qui fut d?abord emprisonné dans un cocon, et qui de jour en jour, se pare de belles couleurs. « Je me suis dit, pourquoi ne pas faire des vêtements que l?on utilise pour des expéditions. Les transformer en des choses utiles. Un vêtement qui devient un sac de couchage par exemple!» Les idées, Charlène les font fusionner.
C?est bien cette faculté que l?on cultive à l?Université de Maurice. « La première année, on apprend à connaître les tissus. La deuxième année, on adapte ce que l?on a appris pour parvenir à manipuler et à créer des modèles. Tandis qu?à la troisième année, on utilise les recherches que nous avons effectuées pour la dissertation finale pour mettre sur pied le défilé », explique Agnès Leung Chack Hing dont le thème est « Eco-Relief ». Quand elle se lève soudainement et nous montre fièrement une robe de sa collection, nous comprenons tout de suite d?où vient sa mention « First Class ».
C?est un jumelage de tissus qu?elle nous propose. Comme pour ce tailleur fait de soie, d?une transparence orangée avec une pincée de vert-pomme, agrémenté d?une large jupe. Et le tout, couvert d?un magnifique haut doré aux teintes chatoyantes, révélant un décolleté en V plongeant. La symbiose est parfaite. Nous sentons derrière ce modèle, le fruit d?une longue réflexion. Son style, c?est de tenter l?impossible, « mettre l?accent sur la féminité tout en restant sérieux ».
Pourtant ils ne conçoivent pas tous la mode de la même façon. Quelques piercings aux oreilles, le look « cool », les cheveux en bataille et c?est Kevin Nick Tang Chu qui intervient. Une collection sous le nom de « Stain Diction ». « Oui, mais moi je veux que le ?dirty style? devienne plus casual », laisse-t-il entendre. Son ?uvre, il l?a soigneusement déposée sur la table basse. C?est un ensemble masculin, fait de velours vert-marron. Et c?est en forme de toile d?araignée, qu?il a entreposé uns série de tissus orange pour rompre la monotonie du vert. Ce travail révèle un grand intérêt pour la mode. « Mon influence, c?est le mouvement « grunge ». Pour les femmes ce sera assez « loose » mais tout en restant féminin », lance-t-il encore.
Mais déjà ils parlent tous en même temps. Nous arrivons à saisir les propos de Pascal Wong Kiat Hieng, dont le thème intrigue. «Body Shield ». On perçoit chez lui un style à l?influence des dessins animés ?manga?. Son médium, c?est le métal. Son inspiration provient des armures médiévales. Armé de patience, il s?est donné à fond pour ce défilé. Pascal a confectionné un manteau, entièrement constitué de petits maillons de fils de fer ! Derrière l?étudiant se cache une influence : celle du couturier Jean-Paul Gaultier. Mais il n?est pas le seul à s?inspirer du métal, Crystel Chu Sun Wah l?est aussi. Celle qui joue avec le cuir et qui nourrit ses idées de la mécanique. Son thème, « Méca-glamour » nous dit déjà que sa collection s?adresse à un public précis : ceux qui osent. Et oser, c?est peu dire. Crystel se tourne déjà vers le « designer wear ».
Le tour de table s?arrête avec Sameerah Dahoo. C?est avec un air sage et un calme fascinant qu?elle nous explique pourquoi son thème «TropicAroma» s?adresse aux femmes enceintes uniquement. «J?ai remarqué que les femmes ont parfois honte de porter des vêtements de grossesse. Les modèles sont très restreints dans les magasins et sont démodés ! Moi, j?apporte une autre vision, c?est to reveal and to conceal ». Et elle a tout prévu. Le modèle est très classe, le pantalon est ajustable, prêt à accueillir toutes les tailles et le modèle séduit. « On peut même le porter après la grossesse », laisse entendre Sameerah. Le talent est indéniable parce que figurez-vous que ses vêtements sont mêmes parfumés. « Car le parfum est aussi une thérapie ». Vivement qu?il soit sur le marché ! La rencontre est enrichissante. Reste à espérer que la zone franche leur ouvrira les portes de la reconnaissance. C?est le souhait de Mélissa : « Nous attendons du changement dans ce domaine, de toute façon, en trois ans, nous avons su tisser notre patience? »
Rendez-vous d?avance, du 26 au 29 juillet, à l?auditorium Octave Wiehe, de 9 à 16 heures, les dix-neuf étudiants exposeront leur collection en attendant la grande soirée du 29 juillet à l?Université de Maurice, à partir de 19 heures.
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