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Costas et Ekaterini sont sur une moto?
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Costas et Ekaterini sont sur une moto?
Athènes attendait leur sacre. C?est finalement leur déchéance qui aura fait la Une de l?actualité des Jeux Olympiques. Costas Kenteris et Ekaterini Thanou, les deux meilleurs sprinteurs grecs attendus par tout un pays, ont quitté par la toute petite porte la plus belle épreuve sportive au monde. Le dopage a une nouvelle fois des siennes. Pierre de Coubertin ne doit plus savoir quelle position prendre dans sa tombe.
Kenteris et Thanou sont accusés d?avoir fait obstacle à des contrôles antidopage inopinés, les 27 et 28 juillet derniers à Tel Aviv, puis les 10 et 11 août à Chicago et enfin le 12 août au Village olympique d'Athènes, à la veille du début des Jeux. En d?autres termes, les deux athlètes ne se sont pas présentés à trois contrôles antidopage surprises. Plus grave encore, ils auraient simulé un accident de moto pour justifier leur absence lors du contrôle du 12 août. Une histoire montée de toutes pièces comme le confirmera le procureur chargé de l?affaire, Spyros Mouzakitis, qui jugera que les témoins oculaires de l?accident n?étaient pas crédibles. Bref, pour ces deux-là, les Jeux sont finis avant d?avoir commencé.
<B>Costas Kenteris, une carrière douteuse</B>
Des soupçons pesaient déjà sur Kenteris. Parfait inconnu en 2000 quand il devient champion olympique à Sydney sur 200 mètres, il disparaît de la circulation pour revenir en 2001 aux Championnats du Monde d?Edmonton et l?emporter une nouvelle fois. Rebelote en 2002 lorsqu?il devient champion d?Europe à Munich, battant son record personnel, en 19?85. Trois courses, trois grands titres. Pas ou très peu de meetings, une hibernation totale pendant la saison qui ne l?empêche pas de l?emporter lors des grands rendez-vous. Très douteux pour certains, génial pour d?autres. 2004 aura au moins permis de se forger une idée un peu plus solide sur le personnage.
Pour Kenteris, les titres ont coïncidé avec sa prise en charge par Christos Tzekos. Ce dernier est devenu son entraîneur en 2000, au moment où les performances de l?athlète ont commencé à sérieusement s?améliorer. Il a ainsi diminué son record personnel de quatre dixièmes entre 1999 et la finale olympique de Sydney. L?IAAF, qui a provisoirement suspendu les deux athlètes et leur entraîneur, a reconnu Tzekos coupable de « violations des règles antidopage concernant la fourniture de substances prohibées, d'aide à leur utilisation et de manipulation du processus de contrôle ». Plus que le coach, la solution miracle semblait donc bien résider dans certaines substances peu licites. Les trois individus ont été suspendus par l?IAAF en attendant la décision de la Fédération grecque et risquent bien de voir leurs carrières terminées plus tôt que prévu.
<B>BALCO, un nom qui fait peur</B>
L?affaire Kenteris-Thanou a certes fait énormément parler. Mais la lutte antidopage a pris une nouvelle tournure en 2004, avec l?éclatement au grand jour de l?affaire BALCO, du nom du laboratoire californien à l'origine de la distribution du désormais célèbre stéroïde de synthèse THG (tétrahydrogestrinone) à de nombreuses stars de l'athlétisme mondial et du sport américain. De nombreuses vedettes ont déjà été suspendues. Le Britannique recordman d?Europe du 100 mètres, Dwain Chambers, a été le premier à être pris. Kelli White, championne du monde du 100 et du 200 en 2003 à Paris, a suivi. La suspension de deux ans était inévi-table. Alvin Harrison, spécialiste du 400 mètres, a, lui, écopé de quatre ans de suspension pour multi récidive. Une grande lessive semble donc entamée.
De gros soupçons pèsent également sur Marion Jones, quintuple médaillée à Sydney en 2000, et Tim Montgomery, le recordman du monde du 100 mètres. Victor Conte, le directeur des laboratoires BALCO et principal accusé de l?affaire, a en effet avoué les prétendues pratiques des deux athlètes dont il est complice. Des injections de THG régulières qui auraient permis aux deux Américains de devenir ce qu?ils sont. En tout, 27 athlètes sont soupçonnés d?avoir eu recours aux produits miracles de Victor Conte.
Cette grande lessive ressemble fortement à celle entamée dans le cyclisme après l?affaire Festina, lors du Tour de France 1998. Ces événements ne sont pas nouveaux mais ils viennent rappeler que certaines performances n?ont pas été réalisées qu?avec de l?entraînement. A tel point qu?il a été envisagé, ou en tout cas l?idée a été mentionnée, de remettre tous les records du monde à zéro. Un aveu d?impuissance vis-à-vis d?un fléau dont les méthodes, toujours plus modernes, ont constamment une longueur d?avance. Sans jouer les blasés, comment continuer à croire à ces performances d?athlètes lorsque l?on voit sur quoi elles sont basées ? La tricherie, le mensonge, autant de mots entrés dans les m?urs des acteurs principaux d?une discipline qu?il est difficile de considérer encore comme un sport au sens premier du terme.
La lutte contre le dopage est-elle alors perdue d?avance ? Depuis des dizaines d?années, les tricheurs ne cessent en effet de gagner du terrain, même si certains se font prendre. Ils ne sont finalement que la partie visible de l?iceberg. La lutte contre le dopage est loin, très loin, d?être finie.
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