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Consultations sur le projet de loi VIH-SIDA

2 novembre 2006, 00:00

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La table ronde sur le HIV-AIDS Preventive Measures Bill, organisée hier par les ministères de la Santé et des Droits humains dans la salle à manger de l?Assemblée nationale avec les parties prenantes, a mis en relief un point consensuel, à savoir la nécessité de souligner certaines questions dans le projet de loi.

Le coup d?envoi des éclaircissements est donné par le Dr Renaud Ng Man Sun, administrateur de projets à la Commission de l?océan Indien. Il fait remarquer que la définition de séronégatif dans le projet de loi ne tient pas compte de la période fenêtre, période entre la contamination et l?apparition des anticorps indiquant la séropositivité.

?Si le test est réalisé durant cette fenêtre, le résultat peut être négatif alors que la personne est positive.? Il se dit également contre le don d?organe ou de tissu humain d?une personne séropositive à une autre car certaines souches du VIH-SIDA sont plus résistantes aux traitements.

Francis Supparayen, président de la Nursing Association, souligne que demander à un usager de drogue par voie intraveineuse de s?incrire auprès d?une institution pour bénéficier d?une seringue stérile, ne freinera pas la contamination par voie intraveineuse. Un avis partagé par Imran Dhannoo, président du centre Idrice Goomany.

Ce dernier ne comprend également pas comment il est possible d?obliger un usager de drogue voulant obtenir une seringue stérile à suivre une désintoxication. ?La méthode de la carotte et du bâton sera inefficace. Le programme d?échanges de seringues devrait plutôt focaliser sur les usagers de drogue qui ne viendront pas dans les centres?, dit-il.

Dhiren Moher, président de Prévention, Information et Lutte contre le sida (PILS), estime que le projet de loi ne définit pas suffisamment les termes comme VIH, sida et même les modes de transmission du virus. ?La législation indienne, par exemple, est très précise et va très loin par rapport aux définitions?, ajoute Nicolas Ritter, fondateur de PILS.

La question de dépistage obligatoire fait l?objet de divergences. Le Dr Ben Veeraragoo, spécialiste en médecine du travail, est en faveur de tests pour les femmes enceintes. Jacqueline Leblanc, responsable de l?Action familiale souligne que des ?tests de routine sont obligatoires? non seulement pour elles, mais aussi pour les futurs mariés.

Le Dr Veeraragoo pense aussi qu?il faut maintenir les tests de dépistage obligatoires pour les travailleurs étrangers. Il s?oppose toutefois à ce que les compagnies d?assurances l?imposent à des catégories de personnes souscrivant à des polices d?assurances spécifiques.

Nicolas Ritter et Audrey d?Hotman, directrice de PILS, se disent contre les tests obligatoires pour les travailleurs étrangers ou des étrangers épousant des Mauriciens. Cette pratique est, selon eux, contre les droits humains. ?Ce qu?il faut rendre obligatoire, c?est le counselling pré-marital sur le VIH-SIDA et autres infections sexuellement transmissibles.?

Education

Audrey d?Hotman souligne également que la divulgation de la séropositivité peut signifier la mise à la porte pour la personne infectée de son travail et même de son domicile. Elle met l?accent sur l?importance de l?éducation aux jeunes dans les écoles. Question non précisée dans le projet de loi. ?C?est notre devoir de les informer, en particulier les jeunes filles et femmes qui sont vulnérables. Car d?ici cinq ans, la contamination ne sera plus par voie intraveineuse mais à nouveau par voie sexuelle.? Elle estime aussi que les entreprises devraient introduire des Employees Assistance Programmes.

Loga Virahsawmy, présidente de la Media Watch Organisation, suggère que le Post-Exposure Prophylaxis (PEP), traitement antirétroviral délivré aux victimes d?abus sexuels quelques heures après l?acte et qui prévient la contamination, soit intégré dans la législation.

Autre point de discorde : la contamination volontaire. Jacqueline Leblanc a demandé que celle-ci fasse l?objet de pénalités dans le projet de loi. Ce qui a fait Nicolas Ritter sortir de ses gonds. ?Dans les législations mauriciennes, il y a déjà des provisions contre ces menaces. Et puis, le PEP est là pour empêcher la contamination effective. On peut tuer plus facilement avec une aiguille à tricoter ou une baguette chinoise. Allons-nous légiférer contre la menace que peuvent représenter ces objets ? Criminaliser la contamination volontaire ne fera qu?accentuer la stigmatisation envers les personnes atteintes du VIH-SIDA.? Audrey d?Hotman pense qu?il sera difficile de prouver en cour que la personne ayant contaminé une autre était au courant de son statut sanguin.

Le Dr Neerunjung Gopee, Chief Medical Officer, qui présidait l?exercice, a demandé aux participants de soumettre leurs suggestions à l?AIDS Unit d?ici vendredi.

En conclusion, Satish Faugoo, ministre de la Santé, a précisé qu?il rencontrerait son homologue Rama Valayden lundi pour tâcher d?inclure toutes ces suggestions dans la nouvelle ébauche du HIV-AIDS Preventive Measures Bill qu?il entend présenter à l?assemblée avant la fin de la session parlementaire.

ASSISTANCE

Les parlementaires pas conviés

■ Les parlementaires n?ont pas été conviés à la table ronde d?hier. Fait confirmé par les ministres Faugoo et Valayden. ?Nous n?avons invité ni les parlementaires de la majorité, ni ceux de l?opposition. La dernière fois que nous avions fait une session spéciale sur le sujet pour les parlementaires, les membres de l?opposition n?y ont pas assisté et ont politisé la question. Nous avons circulé le projet de loi et l?opposition ne nous a toujours pas fait parvenir ses suggestions. Si elle le fait, nous les retiendrons. Il faut être sérieux sur ce dossier?, a déclaré le ministre Valayden qui a autorisé que la presse suive toutes les délibérations de la table ronde d?hier.

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