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Confusions
Il est dommage que le digne monument du Morne, symbole de la lutte pour la liberté, entraîne la confusion sur lui. D?abord, il y a eu une polémique autour d?un «bail» pour la location de terres dans la région avoisinant cette montagne. Le gouvernement avait annoncé la résiliation du bail avant de se rendre compte que celui-ci n?existait pas. Maintenant, on apprend que la proclamation par le Premier ministre du Morne comme patrimoine mondial était prématurée?
Peu après la réunion du cabinet, la semaine dernière, le Premier ministre convoque la presse pour annoncer en grande pompe que l'UNESCO a accepté d'inscrire le site du Morne sur la liste du Patrimoine mondial. Or, nous avons eu la confirmation officielle, hier : «Le Morne Cultural Landscape est sur la liste provisoire des sites pour Maurice depuis 2003... Le site n?est pas inscrit sur la liste du patrimoine mondial.» Il faudra donc attendre la réunion du «World Heritage Committee», en juillet prochain, pour savoir si cet honneur sera octroyé ou pas à notre pays.
Le Premier ministre est «allé un peu vite en besogne», écrit notre confrère Alain Dupuis dans le «Journal de l?île de la Réunion», hier. Il a raison, mais il faut comprendre que dans son emportement de joie face au cheminement du dossier du Morne, le Premier ministre n?a pas pris la peine de «check, de double check les informations». C?est un conseil qu?il donne volontiers aux journalistes ? il l?a encore fait samedi à l?occasion du 10e anniversaire d?un magazine indien célébré au «Gold Crest» ? mais qu?il a visiblement du mal à appliquer lui-même.
En vérité, le Morne n?a franchi qu?une étape de plus vers sa consécration attendue en juillet prochain. Il a obtenu le feu vert d?un organisme consultatif, le Conseil international des monuments et des sites. Le Morne figure, pour l?heure, sur une liste indicative du patrimoine mondial.
Quant à la question des terres destinées à un projet IRS dans la région du sud-ouest, elle constitue un écheveau difficile à démêler. Le ministère des Terres et du Logement avait annoncé qu?il avait repris les 360 arpents de terres de l?Etat, «louées à bail» au «Morne Brabant Integrated Resort Scheme». Mais ce bail n?a jamais existé. Bertrand Giraud, directeur exécutif de la société Morne Brabant, l?a redit à «l?express» cette semaine : «Les terres n?ont jamais été reprises. Effectivement, en janvier 2007, j?ai reçu une communication du gouvernement m?informant que le cabinet avait décidé que je devais quitter ces terres. Mais quand le gouvernement a consulté le ?State Law Office?, il s?est rendu compte qu?il ne pouvait pas reprendre ces terres pour la simple raison que ces terres sont miennes.»
La montagne du Morne n?avait pas besoin de ces péripéties pour enrichir son histoire. Elle est déjà une légende.
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