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Conflit ?

8 juillet 2007, 00:00

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Le conflit ? la contradiction, la polémique ? fait partie de notre moi et de sa relation au monde. Positif et négatif se cherchent, s?opposent, mais se complètent. Le conflit est une forme de l?équilibre de la vie, que ce soit à l?échelle de l?amplitude du monde, ou à l?échelle réduite de l?individu. Chez qui, il peut déclencher des déchirements, « tempêtes sous un crâne » ou partage du c?ur?

Dès la naissance, il commence à l?échelon cellulaire. Exposée aux attaques microbiennes, aux forces sournoises de la maladie et de la mort, la vie devient très vite un combat pour la survie. La Nature, heureusement (aidée de la prophylaxie et de l?arsenal médical de renfort) veille et dresse des remparts de protection. Pourtant, la santé de l?individu ne va pas de soi. Elle impliquera au cours du temps, une hygiène, des soins vigilants, pour ne pas accroître les risques déjà présents dans le milieu de vie. Parler de « droit à la santé » est une stupidité. La santé requiert des devoirs : d?abord, ne pas nuire à son organisme. Que l?on parle plutôt de « droit aux soins ». Mais lorsqu?un enfant meurt brutalement, il faut bien constater que la justice et le droit des gens restent impuissants devant une mort révoltante.

L?idée de conflit circule partout dans notre existence, sous de multiples formes : guerre/paix, pouvoir/opposition, réussite/échec, richesse/pauvreté, amour/haine, santé/maladie, joie/tristesse, pardon/rancune, etc. Le conflit pose une interrogation, amène à un choix. Souvent, nous sommes confrontés à ces choix. Un échec, (sur le plan des études, dans les domaines de la profession ou de l?amour) conduit à un examen des données, à une réflexion, une mise au point. Il en sortira du regret, ou au contraire « un mal pour un bien ». La plupart du temps, un conflit apporte un progrès, un éclairage que l?on n?avait pas perçu, surtout dans la jeunesse. Il est facteur de dynamisme.

Au sein d?une entreprise, un conflit entre direction et salariés peut déboucher sur une meilleure prise en compte des problèmes du personnel, une compréhension partagée des difficultés de l?entreprise. Dans le couple équilibré, l?irruption d?un conflit est, avec le temps, à peu près inévitable. Dramatique, il peut être irréparable ; mineur, il n?est que le rodage des tempéraments et des caractères. Mieux vaut crever l?abcès, comme dit la sagesse populaire, plutôt que de le laisser s?envenimer.

Nourri de lutte et d?alternance, il circule dans beaucoup de situations que la vie nous propose. Ainsi est-il formateur de volonté, instigateur de décisions. Quiconque n?a jamais rencontré d?obstacles dans sa vie se trouve fort désarmé si l?adversité surgit? Cela commence à l?école : le désir de faire mieux, le goût de la compétition. Une certaine pédagogie de la mollesse et du laisser-faire a malheureusement émoussé cette formation obligée du caractère que les instituteurs d?antan savaient maintenir et encourager. En fait, le monde n?est pas dominé par les plus subtiles intelligences, mais par les caractères les mieux trempés. Ce sont ceux-là qui laissent leurs noms dans l?histoire des hommes. Cette histoire a, de tous temps, été conflictuelle. Accords, désaccords ; entente ou litige, il y a tout un vocabulaire qui balise notre vie en société. Déclaration de guerre et traité de paix, telle a toujours été la toile de fond des activités humaines. On s?en souvient, le conflit, sanglant, commence dès les premières pages de la Bible : Caïn tue son frère Abel. Nous sommes tous, un tant soit peu, des fils d?Abel ou de Caïn. Et on en revient à la lutte éternelle du Bien et du Mal, de Dieu et de Satan, de la lumière et des ténèbres. Cet aspect des choses confirme la bipolarité du monde, le plus et le moins, l?actif et le passif? Mais l?équilibre n?est-il pas à ce prix ?

Depuis la sphère familiale, dans laquelle l?adolescent grandit et se structure en s?opposant au décret parental, jusqu?aux rapports entre nations et continents, l?homme est ainsi fait qu?il obéit à des instincts agressifs inscrits dans ses gènes. L?être totalement dépourvu d?agressivité ne serait qu?une « chiffe molle » incapable du moindre effort, de cette lutte pour la vie qu?évoquait Victor Hugo : « Ceux qui vivent sont ceux qui luttent ». Par exemple, quand on sait le parcours d?une jeune femme comme Rachida Dati qui, à force de travail et d?opiniâtreté, vient d?entrer, comme ministre de la Justice dans le gouvernement Sarkozy, on se dit que l?agressivité positivement orientée est un moteur exemplaire. Il y faut du courage et une foi certaine en son destin. Dans une récente interview, Rachida Dati répondait à un journaliste : « Je suis sensible, mais pas fragile : avant de me mettre par terre, faudra vous lever tôt. »

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