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Comores : Lueur d?espoir

3 juillet 2008, 00:00

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<B>Par Nad SIVARAMEN</B>

Ceux qui aiment positiver verront la récente élection de Moussa Toybou en tant que nouveau président de l?île d?Anjouan comme le début d?une ère nouvelle dans l?archipel des Comores.

Certes, le successeur de Mohamed Bacar, (qui pour rappel avait été chassé du pouvoir en mars dernier, avec le soutien militaire de l?Union africaine), est un proche du président de l?Union des Comores, Abdallah Sambi. On peut ainsi s?attendre à ce que, sur le plan des échanges internes, la tension entre les trois îles de l?archipel, accentuée sous la pression séparatiste de Bacar, se dissipe.

D?ailleurs en ce qu?il s?agit du scrutin lui-même, contrairement aux atrocités notées au Zimbabwe, tous les observateurs étrangers ayant séjourné à Anjouan durant le week-end, n?ont pas manqué d?afficher leur satisfaction devant le calme qui y a prévalu. Et ce, malgré la lutte serrée entre Toybou, un ingénieur des travaux publics et son plus proche concurrent, Mohamed Djaanfari, par ailleurs ancien vice-président de l?assemblée nationale des Comores. Ce qui augure des lendemains meilleurs pour ce pays réputé pour son instabilité chronique.

Mais d?autres sources d?agitation se profilent à l?horizon. A commencer par l?ordre social. L?inflation mondiale rend difficilement supportable le quotidien du Comorien. Celui-ci éprouve de plus en plus de difficultés à survivre à cause du prix, en hausse constante, des carburants. Et alors que l?administration Sambi entraînait ses soldats pour reconquérir Anjouan, la situation sociale n?a pas cessé de se dégrader.

Ce qui pousse les Comoriens à tenter, malgré tous les obstacles, de regagner les côtes françaises de Mayotte, au péril de leur vie. Résultat, le gouffre diplomatique entre les Comores (qui ne cessent de clamer leur souveraineté sur Mayotte) et la France ne cesse de se creuser . Tout dernièrement, la décision de la justice française de ne pas extrader Mohamed Bacar aux Comores, en dépit du fort lobbying de Sambi, n?a fait qu?envenimer les relations entre les deux pays.

Le président Sambi, qui a un excellent réseau parmi les pays-membres de l?Organisation de la Conférence islamique, fortement représentés au sein de l?Union africaine, a, de nouveau insisté, au sommet de l?Egypte pour que « le gouvernement français accélère le processus de négociation avec le gouvernement comorien en vue de rendre rapidement effectif le retour de l?île comorienne de Mayotte dans l?ensemble comorien. »

Or, connaissant l?attachement de La France au récif qu?est Trombine, ou tout autre bout de terre dans l?océan Indien, il est évident que La France nourrit d?autres projets, tout à fait contraires au souhait de Sambi. Reste à souhaiter que celui-ci se focalisera sur son peuple avant de se lancer dans une croisade contre La France !

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