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Communication et culture
Puisque nous passons à une génération qui maîtrise l?Internet, nous devons nous demander dans quelle mesure la mutation technologique et son essor favorisent la diversité culturelle. La 10ème édition de l?université de la Communication de l?océan Indien (UCOI), consacrée aux nouvelles technologies de l?information et de la communication (Tic), qui a eu lieu à Saint-Paul, à la Réunion, du 7 au 10 juin, avait pour thème imaginons nos futurs : les i-visionnaires. Le ?i?, c?est celui de l?information, de l?informatique et de l?imagination.
L?UCOI a été formée pour exprimer le désir de ne plus dépendre de ce qui se passe en Métropole. Les Réunionnais croyaient que tout ce qu?ils faisaient n?était pas assez bien en comparaison à ce qui se passe dans la grande péninsule. Il fallait remettre les choses à leur place pour qu?ils cessent de subir et pour qu?ils s?affranchissent du syndrome de la ?goyave de France?. L?objectif : faire d?eux et de nous tous des visionnaires des temps modernes afin de répondre à la question : ?que sera le monde de demain ?? Songer au sort des générations futures : telle est l?ambition des trois éditions à venir de l?UCOI qui nous donneront les solutions du futur.
C?était un laboratoire de réflexion dans cette île au croisement des cultures où Roger Ramchetty, le délégué général, et Guy Letoullec, depuis dix ans à la présidence de l?Échange communication information ? association qui organise l?UCOI ? se sont donné corps et âme pour assurer le bon déroulement de ces quatre jours de partage, d?interrogation et d?affirmation. Les professionnels de la communication et de l?information, éducateurs, industriels entre autres, ont échangé leur savoir-faire et envisagé les perspectives d?évolution dans leurs champs d?action respectifs. Les intervenants ont traité, à travers des débats citoyens, des problèmes importants pour la société de l?océan Indien dans le domaine des nouvelles technologies.
Un débat sur la mondialisation avait réuni Jean-Claude de l?Estrac (La Sentinelle Ltd), Gora Patel Radio-télévision française d?outre-mer (RFO), Marcel Desvergnes (concepteur des universités de la communication) et Walles Kotra (RFO). Le constat est clair : le combat se situe au niveau culturel. Jean-Claude de L?Estrac a laissé entendre : ?la mondialisation n?est pas une option mais une opportunité ; la Chine et l?Inde émergent aujourd?hui grâce à la mondialisation ; des milliers de Chinois accèdent à un confort impensable il y a vingt ans et le développement de l?Inde est plus spectaculaire et a plus de conséquences avec une population davantage. Mais les pays du Nord affichent une certaine hostilité quand il s?agit de solidarité avec les pays du Sud??. Parce que la standardisation de la culture va à l?encontre de la diversité culturelle, il faut donc ?uvrer en faveur de la défense des cultures qui sont menacées par la mondialisation et inventer un nouveau modèle de mondialisation où la politique n?est pas soumise à un système économique qui contredit l?universalité des valeurs ? premier signe des méfaits de la mondialisation actuelle.
?Il faut oeuvrer en faveur de la défense des cultures qui sont menacées par la mondialisation et inventer un nouveau modèle de mondialisation...?
C?est pourquoi il est important de refaire l?Europe ? confrontée à sa propre diversité ? par la culture et non par l?économie. L?idée a été exprimée lors du débat sur le thème de la diversité culturelle au sein de l?Europe qui avait réuni Xavier Goyoun-Beauchamps, PDG de France 2, Issa Asgarally, auteur de L?interculturel ou la guerre, Dominique Picardo, animateur à RFO, Claude Mollard, président du Salon des artistes décorateurs, entre autres.
Ce dernier a exprimé le souhait d?une ?politique culturelle à dimension européenne?, tandis qu?Asgarally a insisté sur la nécessité d?aller au-delà du multiculturalisme, de le transcender pour éviter d?avoir un point de vue ?ethniciste?. ?Il ne faut pas que la culture alimente la violence, mais qu?elle nous aide à vivre ensemble?, a-t-il déclaré. Ce qui signifie aussi que la diversité culturelle doit avoir pour fondement une diversité linguistique, c?est-à-dire le plurilinguisme. Telle est la politique culturelle que doivent prôner tous les pays.
En ce sens, la question sur la laïcité est presqu?une évidence : nous permet-elle de tendre nos idées vers l?universel ou est-elle le fruit d?une culture occidentale qui se cherche ? Si la laïcité signifie tout ce qui concerne l?organisation de la société, elle ne doit pas procéder du fait religieux mais d?un libre choix de société. C?est dans le même ordre d?idées que l?on doit repenser tout notre fonctionnement scolaire qui doit être un lieu de connaissances nouvelles.
Les Tic, transformant nos conceptions traditionnelles de l?apprentissage, ont ouvert la voie vers l?E-learning et nous ont informé que nous sommes dans un monde d?images ? d?où savoir lire, c?est aussi savoir décrypter les images. C?est dans cette optique, qu?Indur Fagonee, vice-chancelier de l?Université de Maurice a signé une convention pour la création d?une école d?ingénieurs de Tic de l?océan Indien, en partenariat avec l?Université de Madagascar et de la Réunion.
Les organisateurs espèrent pour les prochaines éditions une plus grande participation. Mais l?équipe reste quand même très visionnaire.
REGARD NEUF
L?art @ 21
■ La révolution numérique a agrandi les champs des arts visuels. Si la nouvelle technologie a investi et bouleversé le domaine de l?art, elle ne permet pas de redéfinir l?art mais de remettre tout simplement au goût du jour les questionnements sur l?art. On le savait déjà : l?art ne se laisse jamais tout à fait redéfinir. On ne le sait que trop bien : l?art de demain, c?est ?l?art @ 21?, l?art du 21e siècle. La mondialisation, l?importance des Tic, la recherche, l?intrusion d?objets nouveaux ont apporté un renouvellement de l?art contemporain, soulevant à ce sujet une série de questions : vers quelles formes d?art nous dirigeons-nous ? Métis, hybride, virtuel, collectif ? Quel statut pour l?artiste de demain ? Comment promouvoir, conserver et enseigner cet art de demain ? Quelles formes de perception et de réception devons-nous avoir ?
Richard Conte, professeur en Arts plastique à l?Université Paris 1 et directeur du Centre d?études et de recherche en Arts plastiques de Paris 1 est venu bousculer toute notre conception de l?art. Sa démonstration, mors de la 10ème édition de l?Université de la Communication, de la création d?une ?uvre d?art montre combien la tendance est à l?éloignement des préoccupations formelles ? une manière sans doute de répercuter les malaises de la civilisation. Cet agrégé et docteur habilité en Arts plastiques préfère adopter des pratiques beaucoup plus ?contractuelles?. Il laisse de côté l?atelier de l?artiste, préférant les stades de football et les terrains de pétanque. Non pour se faire professionnel sportif mais pour transmettre sur toiles ses sensations en s?inspirant de l?ambiance et pour faire ?uvre à partir des boules jetées ça et là sur le sol par un plus grand nombre possible de joueurs. Résultat : une sorte de cartographie ou ?boulographie? analogue aux constellations du ciel. Cette performance collective est un art qui s?accomplit par la coalition des talents d?autrui ? une manière sans doute ?d?échapper au risque du pathos?.
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