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Communication...
par Thierry Chateau
La situation est ambiguë. L?Ecole pour la solidarité et la justice (ESJ) célèbre les cinq années d?existence de l?école complémentaire de Barkly. C?est dimanche et plusieurs centaines de personnes ? parents et enfants ? se sont déplacées. Jean-Noël Adolphe, l?un des responsables de l?ESJ martèle au micro que son association ne fait pas de politique. L?instant d?après, le Premier ministre, Paul Bérenger, prend la parole. Invité chaque année à l?ESJ, il réitère le soutien de son gouvernement pour le quartier et le programme éducatif.
Il évoque la lutte contre la drogue, contre la propagation du sida, le gouvernement est sur tous les fronts, assure-t-il d?une voix forte. Et c?est là le problème, justement : nous sommes en campagne électorale, à six semaines du scrutin. Dans le cas de l?alliance gouvernementale, la liste des candidats a été présentée. Les ministres sont devenus des candidats et le public, un électorat.
Le matin, et encore la veille, plusieurs autres ministres, désormais candidats, étaient présents sur d?autres plateformes, à Port-Louis, à Phoenix. A Port-Louis, le Premier ministre accompagné de son adjoint, Pravind Jugnauth, d?Abdullah Hossen, ancien lord-maire et nouveau candidat et de plusieurs ministres du caretaker government, pose la première pierre du Hawkers? Palace destiné à abriter les marchands ambulants de la capitale. Devant une bonne foule, les messages fusent à nouveau. La veille, à Phoenix, à une remise de prix organisée, par la Urdu Speaking Union, mêmes slogans.
Ces derniers jours, tous les forums sont bons pour faire la promotion du gouvernement sortant. Les plateformes sont idéales. Parents, jeunes, personnes âgées : toutes les composantes de la famille mauricienne sont réunies. Inauguration d?hôpital, campagne d?affichage du ministère de l?Education pour vanter la réforme, distribution d?actions. L?appareil d?Etat tourne à plein régime pour alimenter cette promotion. Entre communication et propagande il n?y qu?un pas.
?S?il n?était pas venu on le lui aurait reproché?, fait remarquer un animateur de l?ESJ pour justifier la présence de Paul Bérenger à Barkly, dimanche. Seulement voilà : les ministres sont désormais candidats. Et cette situation requiert de la retenue. Prudent, Rajesh Bhagwan, le ministre de l?Environnement, a peut-être donné le ton. A Barkly, dimanche, il est sobre lorsqu?on l?invite à parler, lui qui, assure-t-on, a ?uvré dans le quartier. En tant qu?élu, il mentionne son ?devoir d?aider, d?assainir encore plus le quartier?. Pas un commentaire de plus.
Interviewé à la radio, dimanche, Sushil Khushiram, le ministre des Services financiers, reconnaît qu?il peut y avoir une certaine utilisation de l?appareil d?Etat. Il estime qu?il y aurait un juste milieu à trouver, surtout en période électorale, afin de lever toute ambiguïté dans l?esprit des électeurs. Encore faut-il le trouver rapidement cet équilibre...
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