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Comme à Bollywood
Un père version Bollywood. Avec la barbe grisonnante façon Amitabh Bachchan. Assorti d?un petit quelque chose à la Anupam Kher. Le genre strict, qui impose le respect. Et qui, sous ses airs sévères, ne désire rien de plus que le bonheur des siens.
Des nuits à apprendre son texte. A avoir des bribes qui vous reviennent, dans les moments les plus incongrus. Déclenchés par un mot, une allusion qui n?a rien à voir. Elle est comme cela la mémoire de Ramesh Ballgobin.
Surtout passé disons les quarante ans. Car Ramesh Ballgobin, Mauricien établi en France depuis 27 ans, préfère ne pas dire son âge. Pas par coquetterie. Mais ?comme ça?. C?est son choix. Préférant laisser son visage lisse, son t-shirt et son jean qui ont connu beaucoup de lavages, parler pour lui.
Sur le plateau de Do Dil, court-métrage à la sauce massala, une séance de maquillage et il n?y paraît plus. Voilà Ramesh Ballgobin dans la peau de son personnage. Devant la caméra, ce réceptionniste stylé de l?hôtel Acropole, un trois-étoiles situé près de la Porte de Versailles à Paris, n?a plus rien de l?employé discret, souriant, affable et effacé.
Envolé ses quelques mois de clandestinité en France, quand en 1980, alors qu?il est venu rendre visite à une de ses soeurs dans les Yvelines, en banlieue parisienne, Ramesh décide de rester, parcequ?il trouve que la France est un pays ?correct?.
Concentré sur ses répliques, il ne pense plus à son enfance à Caroline, Bel-Air-Rivière-Sèche. Ou encore à ses débuts dans la vie active, dans son île natale, comme gangman à la Development Works Corporation.
?Aatish m?a dit qu?il n?était encore qu?un enfant quand il m?a entendu chanter. J?ai eu la chance de me produire devant 3 000 personnes au Grand Rex?
Devant la caméra d?Aatish Basanta, Ramesh Ballgobin est Père. Personnage clé de Do Dil, une romance contrariée parfumée au bollywood masala. Trame revue et corrigée avec une dose de french touch. Sans oublier le zeste de mauricianité. Ce court-métrage présenté en mai lors d?une soirée au Jardin d?Acclimatation à Paris, devrait, si tout va bien, être présenté à Maurice en décembre.
Do Dil, c?est avant tout l?aventure d?une bande de Mauriciens installés en France. Des amateurs de cinéma indien, qui se sont mis en tête de concrétiser leur rêve en passant de l?autre côté du grand écran. Une équipe réunie autour de Aatish Basanta, né en France de parents mauriciens.
Et dire que Ramesh est avant tout une voix. Lui, le monsieur poli au phrasé marqué par l?accent de là-bas. Qui s?efface pour vous laisser passer. Qui vous complimente sur votre façon de le recevoir ( ce n?est pas peu dire d?un pro de l?accueil). Quand il a rangé l?uniforme du réceptionniste, qu?il porte depuis 22 ans déjà, (?faut bien manger?, se justifie-t-il), Ramesh est chanteur. Son répertoire : les extraits de bandes originales de films bollywoodiens bien sûr.
A Maurice déjà, vers 1979, il chantait au sein de Vidya Sound, un groupe de Caroline. Le temps de se faire une place au soleil de Paris, depuis 1994, Ramesh a repris le micro en France, avec le Dodo Group. Un orchestre composé de Mauriciens amateurs comme lui de standard made in India.
Justement, c?est lors d?une ses prestations qu?il est remarqué par Aatish Basanta, le ?camarade? du pays natal. ?Aatish m?a dit qu?il n?était encore qu?un enfant quand il m?a entendu chanter?. C?était au début des années 90, dans une fête mauricienne, du côté de Blanc-Mesnil, en Seine-Saint-Denis. De fil en aiguille, le temps de trouver des fonds, de mettre en place le projet Do Dil, Aatish Basanta propose à Ramesh de chanter sur la bande originale de son film.
Marché conclu. Ramesh compose la musique en collaboration avec Umesh Jeetoo, originaire de Mare-Tabac et l?interprète en duo avec Gaytri Jhuttee, qui a quitté Bonne-Mère pour Paris.
L?enthousiasme de Ramesh est si communicatif que le réalisateur lui demande du coup de passer devant la caméra. Pour camper le rôle du Père, dans le dilemme amoureux qui désunit Aj et Sanjana, les deux principaux protagonistes de Do Dil.
Le chanteur se laisse convaincre. Par la grâce des répétitions, par la force de ses convictions, Ramesh se revoit petit garçon à Caroline, à l?époque où il admirait les films à la fibre patriotique signés Manoj Kumar. Dans sa tête : des souvenirs enfouis remontent à la surface. Vision de lui rêvant d?être acteur. Lui le neuvième d?une famille de onze enfants, élevés par un père instituteur à l?école primaire de son village natal.
Faut dire que son goût de la chanson l?a mené loin. Il y a quelques mois, Ramesh s?est présenté au casting de FantastikAsia, une semaine consacrée au cinéma asiatique, dont indien, dans la capitale française. C?était en avril. Shah Rukh Khan et d?autres vedettes telles que Rani Mukherjee et Preity Zinta entre autres.
Sélectionné, Ramesh garde un souvenir indélébile de cette expérience. ?J?ai eu la chance de chanter devant 3 000 personnes au Grand Rex?. L?occasion d?une vie d?interpréter Kuch Kuch Hota Hai entre autres. Avant de se produire à Genève, puis dans un gamaat à Newcastle en Angleterre. Ramesh Ballgobin c?est sûr, ne compte pas lâcher le micro de sitôt.
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