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Comme un hommage?
QUAND LE 16 mars 1961, Ramduth Kutowaroo, quitte le patelin connu comme Camp-Maçon pour le village de Belle-Vue-Maurel, c?est des chapitres de l?histoire de plusieurs générations qui s?en vont aussi.
Mais cette famille, qui possède encore des champs dans cette petite localité, située entre Petite-Julie et Belle-Vue-Maurel, à quelques mètres de Pouliyar Nagar (Antoinette) garde de bons souvenirs de sa vie là-bas.
Au début de ce mois, les quatre frères Kutowaroo, à savoir Ramduth lui-même, Rajputh, Premduth et Dhananjay, ont fait ériger une stèle dans cette localité. Un hommage en quelque sorte, une façon de se rappeler d?y avoir passé de bons moments?
Camp Maçon était un village de travailleurs engagés. Nombreux étaient les immigrants indiens qui étaient venus habiter cette région à leur arrivée à Maurice.
C?est ainsi que, dans les années 1740-50, la première génération Kutowaroo est arrivée à Camp Maçon. Ce nom, selon Ramduth, le petit-fils du bonhomme Kutowaroo, vient du fait que de nombreuses personnes faisaient ce métier.
Le père de Ramduth, Seegobin, est né en 1897. Celui-ci hérite des champs de son père dont il s?occupe en compagnie d?autres membres de la famille. A cette époque, il y avait une centaine de familles, qui habitaient la localité.
Ramduth souligne que Camp Maçon était un véritable verger. Il y avait toute une variété de fruits, dont la vavangue, le corrosol , le tamarin, l?avocat, la goyave, le letchis, l?atte, le jacque, le carambole, le fruit-à-pain, le c?ur de b?uf, la prune, le jamblon, le jamalac sans oublier la banane. D?ailleurs, ce dernier fruit existe toujours en grande quantité dans cette localité. Il y avait également des forêts et nombreuses étaient les personnes qui y venaient pour s?approvisionner.
Bonne entente
La plupart étaient planteurs éleveurs. Ils fournissaient les légumes et le lait à l?état-major de l?établissement d?Antoinette.
Camp Maçon était un véritable village selon Ramduth. ? Il y avait une école, des boutiques et même une pâtisserie?. Les autobus passaient à environ trois-cents mètres de la localité. ?On vivait en parfaite harmonie et chacun prenait part au bonheur ou au malheur de son prochain ? se souvient Ramduth.
Un des problèmes que les habitants rencontraient quand ils étaient souffrants était de trouver un moyen de transport pour se rendre à l?hôpital le plus proche, celui de Poudre d?Or. Mais, heureusement pour eux, il y avait des médecins ayant pour noms, Seewoosagur Ramgoolam et Edgar Laurent, qui allaient voir les patients.
Dans cette localité, il y a des tombes et selon la légende, ?ce sont des trésors qui ont été placés par des pirates?. Personne n?a jamais tenté de les explorer, souligne Ramduth. Ce dernier se souvient également de l?abondance de camarons dans la rivière du village. ?Couma passe la main ou gagne par boucoup?, dit-il avec nostalgie.
Ramduth se souvient également que lorsqu?il y avait une cérémonie de mariage dans la localité (le bhariat) le nouveau marié et ses invités devaient couvrir une longue distance pour la cérémonie.
Aujourd?hui encore les Kutwaroo se rappellent chaque détail de leur vie dans cette localité, qu?ils devaient quitter quelque temps après le passage du cyclone Carol.
Ramduth s?y rend presque quotidiennement pour s?occuper de ses champs. S?il pouvait aller habiter de nouveau dans ce village, il n?hésiterait pas un seul instant, confie-t-il.
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