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Combien de Mauriciens de 25 à 35 ans se fixent à l?étranger ?
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Combien de Mauriciens de 25 à 35 ans se fixent à l?étranger ?
<B>Par Monique DINAN</B>
Dr Sam Lingayah dans son article du 3 janvier «Reflections on overseas Mauritians» analyse objectivement les difficultés inhérentes au retour dans le pays natal des Mauriciens qui ont fait carrière en Europe et en Australie. Il souligne les problèmes concrets et les désillusions qu?ont pu rencontrer certains de ceux qui ont tenté l?aventure de revenir après une absence de quelque 20 à 30 ans. Je me faisais la réflexion, à la lecture de son analyse, que les villas IRS (Integrated Resorts Scheme) ou celles plus modestes des Real Estate Scheme (RES) dont 50 projets vont commencer en 2008, pourraient à l?avenir cibler ces amoureux du pays natal qui veulent se retrouver assurés de convivialité, de confort et de sécurité. Les Mauriciens de la diaspora pourraient constituer une partie de la clientèle visée par ces projets.
Il y a un autre volet d?une émigration mauricienne plus récente qui est largement passé sous silence. Il s?agit de cette hémorragie continue de nos jeunes qui ont obtenu de si bons résultats à l?issue de leurs études secondaires qu?ils se qualifient pour des études à l?étranger, grâce à des bourses ou au prix des multiples sacrifices financiers de leurs parents.
La cible la plus exposée à l?émigration et qui sera constamment la plus sollicitée est cette élite intellectuelle du pays qui a eu accès aux études à l?étranger.
Trop nombreux sont ces jeunes entre 25 et 35 ans qui s?établissent à l?étranger alors que le pays manque de cadres et doit trouver sur le marché international les compétences dont nos firmes ont besoin. Dans la conjoncture actuelle avec les nouveaux chantiers qui s?ouvrent dans divers domaines de pointe, la demande pour un personnel hautement qualifié ira grandissante. Si le climat actuel d?accueil, de motivation et de salaires n?est pas activement amélioré, notre république continuera à subir un drain accéléré de ses forces vives et un exode des cerveaux dont elle aura à subir les conséquences.
Voici quelques pistes de réflexion qui nécessitent d?être creusées.
Quand on possède son pays «dans ses tripes», il est plus difficile de le quitter définitivement. En amont, qu?est-ce qui est fait pour construire le mauricianisme dans le c?ur des jeunes du primaire et du secondaire ? C?est en s?activant eux-mêmes autour de projets concrets (recherches et réalisations), que les semences de civisme et de fierté du pays s?enracinent dans leurs c?urs. Qu?est-ce qui se fera dans le cadre du 40ème anniversaire du pays le 12 mars 2008 pour éveiller chez eux plus de patriotisme ?
Le millier de jeunes qui «s?exilent» chaque année pour des études dures et exigeantes ont-ils une plateforme de rencontres et d?échanges afin de pouvoir créer des liens et vivre une certaine solidarité entre Mauriciens ? Y aurait-il déjà un site internet qui leur serait dédié et qu?ils pourraient alimenter ?
La demande des pays développés pour une élite professionnelle va en augmentant. Nos diplômés deviennent des candidats de premier choix pour une immigration sélective dans les pays développés. Quelle stratégie et quelles incitations des secteurs publics et gouvernementaux pour faciliter le retour de nos universitaires en les informant des possibilités d?emploi et en leur permettant une insertion positive dans le monde du travail ?
Quelles motivations (exemption fiscale, primes sur un ou deux ans) leur offrir pour encourager leur rentrée au pays ? Il est certain que les étrangers employés pour travailler à Maurice reçoivent des allocations spéciales qui ne sont, en aucune façon, octroyées aux candidats mauriciens ayant les mêmes compétences.
Une fois rentrés au pays, la famille ne suffit plus. Il n?est pas toujours facile de compter sur les amis de collège qui ont évolué de leur côté. Le retour peut s?avérer plus difficile que prévu sur le plan des relations humaines. Quelles structures de rencontres en dehors des discothèques mettre en train afin que les nouveaux arrivés puissent se rencontrer pour échanger, se lier d?amitié ou envisager quelque service social ou sportif en commun ? Cela peut aider, car certains repartent déçus de n?avoir pas réussi une réinsertion positive dans le contexte mauricien
Quelle est la mentalité de ceux qui ont gravi les échelons dans leur profession sans quitter le pays ? Quelle qualité d?accueil réservent-ils à ces nouveaux venus ? Pour certains, il y a une part inavouée de jalousie et une volonté bien nette de les laisser se débrouiller seuls. Quand le chacun pour soi prime, l?ambiance au travail peut décourager ceux qui font face à des murs d?indifférence. Certains de ceux qui étaient revenus s?installer au pays repartent découragés, n?ayant pas trouvé les facilités pour une bonne réadaptation.
La grande rencontre du GOPIO, ? Global Organisation of People of Indian Origin ? honorée de la présence du Premier ministre de notre pays, réunit cette semaine dans l?Inde des délégués du grand sous-continent indien répartis à travers le monde. Ce sommet annuel révèle la richesse que représente une diaspora qui n?oublie pas son pays d?origine. Pourquoi n?aurions-nous pas en cours d?année un symposium sur la diaspora de nos jeunes universitaires. Où sont-ils ? Que font-ils ? Etablir un répertoire de leurs diverses compétences. S?interroger sur les possibilités qui pourraient leur être offertes pour faciliter leur retour et leur réinsertion.
Notre république a besoin de l?apport de tous, fils et filles du terroir nés sur son sol, qu?ils soient dans le pays ou à l?étranger. Que faire pour que notre diaspora garde des liens de c?ur qui vont au-delà de la famille restée à l?île Maurice ? Nos frontières s?en trouveront considérablement élargies, si nos liens d?appartenance et de fidélité sont entretenus avec une diaspora qui n?oublie pas ses racines.
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