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Combattre les pirates
Notre immense zone maritime, pour plusieurs raisons, est surveillée de près par des amis mais aussi par des pirates étrangers. Le coup de filet des garde-côtes mauriciens a été salué par la communauté internationale, qui finance par le biais de la Commission de l?océan Indien (COI), un plan de contrôle des pêches dans la zone, à la fois pour des raisons économiques et d?ordre sécuritaire.
Les petits pays de mer de l?océan Indien, aux zones économiques exclusives trop grandes par rapport à leurs moyens de surveillance et d?exploitation maritimes, bénéficient grandement de ce coup de pouce, non désintéressé certes, de l?Union européenne (UE) qui offre, dans ses accords de partenariat économiques, une brochette d?expertises pointues, comme le marquage des thons à l?ensemble de la zone indianocéanique. La communauté internationale réalise que les pays de l?océan Indien sont incapables de contrôler avec efficacité la pêche dans leurs eaux territoriales, justement à cause « d?un manque de ressources logistiques et économiques. L? UE a ainsi poussé la roue de la création d?un plan de contrôle régional pour inciter à davantage de coopération régionale et à une prise de responsabilités de la part des gouvernements.
La campagne contre ce qu?il est désormais convenu d?appeler, dans le jargon technique, la pêche INN (illicite, non-déclarée et non-réglementée), s?organise dans le cadre des regroupements régionaux de gestion de la pêche, comme la Commission thonière de l?océan Indien (CTOI).
Si les pirates qui sillonnent les mers existent depuis la nuit des temps, aussi loin que remontent les souvenirs humains, avec des bateaux opérant dans l?absence totale de règles, sauf celle du plus fort, la situation mondiale actuelle ? l?érosion des stocks de poisson, marché du terrorisme, marché alimentaire en crise, économies asphyxiées des pays de la zone, règles commerciales à redéfinir? pousse la communauté internationale à jouer aux gendarmes, autant sur terre que sur mer.
L?action internationale se justifie par l?explication suivante, avancée dans le rapport sur la mise en oeuvre du plan d?action de l?UE contre la pêche INN : «le poisson est mobile, comme les flottes qui le suivent et comme l?argent qui finance ces flottes. Par conséquent, des instruments mondiaux ont été adoptés pour fixer des limites à la facilité avec laquelle les navires de pêche peuvent se livrer à la pêche INN, parmi lesquels figurent l?Accord de conformité de l?Organisation pour l?alimentation et l?agriculture ( FAO) et l?Accord des Nations unies sur les stocks de poissons.»
Si les ressources de thonidés sont surexploitées dans l?océan Indien, il est inquiétant toutefois de noter que 1,5 millions de tonnes sont annuellement pêchées pour une valeur de 3 milliards d?euros par des pêcheurs hors COI. La pêche INN concernerait au moins 10 % des grands pélagiques migrateurs (thonidés). Or, les revenus, l?emploi et l?alimentation provenant de ces pêches sont d?importance capitale pour les pays riverains.
Il y a donc à la fois un enjeu environnemental et un enjeu économique. Et il s?agit pour la COI d?assurer une cohérence entre la politique de la pêche et les politiques en matière d?environnement.
Vivant dans un petit pays insulaire, entouré d?une zone économique exclusive immense de 19 millions de kilomètres, le Mauricien, par exemple, se plaint du prix du poisson et de sa rareté sur le marché. Et ce n?est pas normal... Nous sommes encore loin de notre objectif de devenir un centre de traitement de produits de mer de classe internationale.
Pour cela, il faut en découdre en amont avec les pirates de la zone. Les maîtres-mots de cette bataille des eaux territoriales sont : traçabilité, transparence et coopération à tous les niveaux. Une bonne dose de volonté politique aussi, pour les gouvernements souvent trop repliés sur eux-mêmes, et qui s?endorment sur un rêve d?industrie bleue... qui profitent à d?autres, et pas à nous.
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