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Colorant textile : le piment sec importé mis en doute

30 septembre 2008, 20:00

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Les ingrédients que vous utilisez pour la préparation du briani, de daube, de khalia, vos masalas, contiennent-ils du sudan ? L?on pense que ce colorant employé dans la fabrication de vêtements est présent dans ces épices : le piment sec importé de l?Inde et qui entre dans leur préparation en contiendrait.

Lundi, les inspecteurs du ministère de la Santé ont récolté des échantillons aux fins d?analyse. A hier matin, plus d?une cinquantaine de prélèvements avaient été effectués. Déjà en 2002, à un moment où le Food Act était rigoureusement appliquée, des tests avaient confirmé la présence de ce colorant dans les épices. Mais depuis, la vigilance aurait baissé, entraînant des abus de certains commerçants?

Comme la rhodamine ? dont la présence a été confirmée dans les pistaches salées - le sudan est un colorant pour vêtements et est interdit dans les aliments. Hier, l?inspectorat sanitaire a engagé des poursuites contre le marchand de kalamindas accusé d?avoir utilisé de la rhodamine pour la fabrication de ces sucreries. Des enfants, une quinzaine, se sont plaints de malaises après en avoir consommée.

<B>Mettre les abus à nu</B>

Rajesh Jeetah, ministre de la Santé, affirmait à l?express que «nous sommes très vigilants sur ces différents composants chimiques qui sont interdits dans la nourriture. Différentes analyses sont entreprises actuellement, visant à mettre à nu ces abus et protéger le consommateur. Nous avons une liste de composants et nous veillerons au grain».

En ce qui concerne les épices, une aile de l?inspectorat sanitaire se veut être rassurante : «Normalement, l?on doit procéder à des tests à l?arrivée des piments secs dans le pays. Et si tel est le cas, nous aurions détecté à la source qu?il y avait un problème.»

Mais d?autres à la Santé contestent cette version : «La loi exige qu?il est nécessaire pour l?importateur d?avoir un pre-market approval, avec des échantillons qui sont prélevés à la douane, mais l?on sait bien que ce n?est pas fait systématiquement».

Outre le sudan, la rhodamine et la mélamine sont aussi traquées en ce moment. Hier, les analyses ont confirmé la présence de la mélamine dans les «bonbons lapin» et les résultats sont attendus en fin de semaine. Cette substance est un composant chimique utilisé dans les colles et dans la fabrication de plastique. Elle peut provoquer, entre autres, des problèmes rénaux.

Dans un communiqué émis hier, le ministère de la Santé demande aux importateurs de produits laitiers de Chine de soumettre un certificat original d?un laboratoire indépendant pour prouver que le produit ne contient pas de la mélamine. Dans la négative, la douane n?autorisera pas l?importation du produit en question.

«Grand laxisme des inspecteurs»</B>

Sur le plan légal, un des rédacteurs du Food Act déplore que la loi censée révéler les abus ne peut être appliquée aujourd?hui. «Dès les premiers jours de l?entrée en vigueur de cette loi, il y a eu des pressions. Après, c?est un grand laxisme des inspecteurs sanitaires, qui ont du mal à donner des contraventions. Résultat, c?est ce qu?on découvre aujourd?hui : des colorants de vêtements utilisés dans les aliments», soutient cet ancien fonctionnaire.

Les inspecteurs sanitaires se plaignent souvent de la marge de man?uvre réduite dont ils disposent pour traquer ceux qui abusent de la situation. Un exemple parmi d?autres : le cas de ce fonctionnaire qui avait refusé le dédouanement d?un ingrédient pour briani parce que des tests avaient révélé des anomalies. Mais il a dû faire marche arrière.

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