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Collision simulée des deux blocs sur l?accès aérien
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Collision simulée des deux blocs sur l?accès aérien
Les politiciens des deux principales alliances ont les yeux levés vers le ciel. Certes, ils prient tous pour une victoire. Mais ils savent aussi que l?avenir du pays passe par ce même ciel. La consolidation du tourisme comme pilier économique est une priorité dans la mesure où le sucre et le textile traversent des moments difficiles. En attendant l?émergence de nouveaux secteurs prometteurs, comme les technologies de l?information et de la communication, le tourisme s?affiche en messie. Et on ne peut parler de tourisme à Maurice sans évoquer l?accès aérien.
Les deux blocs s?affrontent violemment dans les meetings. Mais quand il s?agit de débattre de la politique sur l?accès aérien, leurs visions convergent dans leurs manifestes. Pour l?Alliance sociale, qui veut pourtant restructurer tout le secteur touristique, il faut ?ouvrir nos cieux de manière rationnelle et profitable pour nous?. Le gouvernement sortant parle d?une ?libéralisation intelligente en fonction des objectifs de l?industrie touristique et en tenant compte des intérêts nationaux?. Toutefois, l?alliance Mouvement socialiste militant (MSM)-Mouvement militant mauricien (MMM) ne dit pas si elle compte suivre le Master Plan pour l?accès aérien réalisé par Netherlands Airport Consultants. Approuvé par le Conseil des ministres, ce rapport est en vigueur depuis février. Mais il semble dormir dans les profonds tiroirs de l?Etat.
Quelle que soit l?équipe qui gagnera les élections, il n?y aura pas de libéralisation totale de l?accès aérien. Le ciel mauricien ne sera pas ouvert comme c?est le cas à Dubayy et Singapour. Par contre, on peut s?attendre à l?arrivée de nouveaux transporteurs venant très probablement de nouveaux marchés.
<B>Le prix des billets devrait baisser</B>
Cet état de choses ne devrait pas plaire aux hôteliers. Ceux-ci militent depuis des années pour une libéralisation totale. Leur logique est simple : une telle ouverture permettra à tous les transporteurs désirant desservir Maurice d?atterrir sur l?île. Cela augmentera automatiquement la capacité des sièges d?avion disponibles, mais enflammera également la concurrence. Le prix des billets d?avion devrait alors baisser, ce qui encouragera plus de touristes à visiter Maurice.
Le raisonnement des hôteliers est compréhensible. Les arrivées touristiques n?augmentent pas aussi vite que la construction des nouvelles chambres d?hôtels. Résultat : le taux d?occupation des hôtels chute. Les nouveaux établissements, comme ceux de Bel-Ombre, affichent des résultats désastreux.
Pour les deux blocs, une ouverture totale du ciel est irréaliste. Elle équivaudrait à une invasion des plages par des touristes ?sac à dos?. Maurice a toujours visé une clientèle haut de gamme. Si certains affirment que le marketing doit être réorienté afin de toucher la gamme moyenne, personne ne veut des charters classiques.
La libéralisation sera donc graduelle. Mais elle se fera dans l?intérêt du pays et pas seulement celui des hôteliers. Les droits d?accès aériens appartenant à l?Etat, celui-ci compte bien s?en servir pour obtenir des avantages. Quel que soit le gouvernement en place la semaine prochaine, l?ouverture du ciel se fera sur une base réciproque. Maurice s?ouvrira seulement aux transporteurs des pays qui lui offriront des avantages similaires.
L?intérêt national est intimement lié à celui d?Air Mauritius. La compagnie nationale d?aviation demeure l?épine dorsale du tourisme. Aucun gouvernement ne voudra la mettre en péril. Certes, Air Mauritius devra faire face à de nouveaux rivaux, mais elle est déjà habituée à la concurrence sur les marchés étrangers.
Les deux blocs affirment que la libéralisation se fera de manière réfléchie. Cela est compréhensible. Air Seychelles, par exemple, a dû vendre certains de ses appareils après que l?archipel s?est ouvert à huit vols hebdomadaires d?Emirates et Qatar Airways, en 2005.
Toutes les compagnies aériennes, à l?exception d?Emirates, affirment que la capacité sur Maurice est suffisante. Certaines, comme British Airways, n?utilisent pas tous leurs droits d?atterrissage à Plaisance. D?autres, à l?instar de Singapore Airlines, préfèrent ne pas venir à Maurice. Les hôteliers avancent que l?arrivée de nouveaux entrants fera dégringoler les tarifs. Les compagnies aériennes répliquent que si elles n?arrivent pas à remplir convenablement leurs avions, elles réduiront leurs fréquences.
<B>Une pluie de touristes</B>
Toutefois, le tourisme ne dépend pas que de l?accès aérien. Au niveau local, il est essentiellement un marché de forfaits. Trois acteurs contribuent à l?élaboration d?un package : la compagnie aérienne, l?hôtel et le tour-opérateur. Le prix des chambres, dont la moyenne a grimpé de 31 % en trois ans, doit également être revu. Tout comme le marketing de la destination mauricienne à l?étranger. Ce que les deux blocs se sont engagés à faire.
A vrai dire, ce ne sont pas seulement les politiciens qui fixent le ciel. Les compagnies aériennes, les hôtels et toute la chaîne de valeurs associée à l?industrie touristique regardent dans la même direction. Sauf que chacun prie pour différents résultats mais un même objectif : une pluie de touristes.
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