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Cofidis à l?arrêt
Six ans après l?affaire Festina, le cauchemar recommence pour une équipe française. Après quatre mois de révélations diverses et la mise en examen pour trafic de produits dopants de trois coureurs de l?équipe Cofidis, Philippe Gaumont, Cédric Vasseur et récemment Médéric Clain, la publication de certains procès-verbaux de l?enquête a porté le coup de grâce.
Le patron de Cofidis, François Migraine, a tranché. Le communiqué est clair, net et précis : « Face à la gravité des récentes allégations, la société Cofids a décidé de se donner du temps et les moyens d?y voir clair. Par conséquent, et à compter de ce jour, et pour le temps qui lui sera nécessaire, elle ne se présentera plus au départ des courses. »
<B>Le grand déballage</B>
Qu?a-t-on appris à la lecture des procès-verbaux de l?instruction menée par le juge Pallain ? Que Philippe Gaumont avait parlé, beaucoup parlé pour tenter d?emmener dans sa chute bon nombre d?équipiers...
Selon lui, Cédric Vasseur aurait consommé de la testostérone et donné de l?Actovegin (du sang de veau) à des membres de l?équipe, David Millar aurait pris un rail de Stilnox (somnifère) mélangé à de l?Ephédrine (stimulant interdit), Médéric Clain vendu de la cortisone à Robert Sassone, ex-coureur Cofidis, lui aussi mis en examen....
D?après ses dires, toujours, Massimiliano Lelli, le capitaine de route italien de l?équipe, serait l?un des maillons forts de la petite cuisine interne. En relation privilégiée avec un sulfureux préparateur physique italien, Massimo de Ritis, il jouerait un rôle d?intermédiaire auprès de Boguslaw Madejak, le soigneur polonais, « cerveau » présumé du trafic.
Mais les déclarations de Philippe Gaumont et de son épouse Elise, ne se limitent pas aux coureurs et à leur environnement proche. Elles mettent ouvertement en cause les dirigeants de l?équipe. Le Dr Jean-Jacques Menuet, mis en cause également par Robert Sassone, lui aurait injecté des produits dopants avec l?accord d?Alain Bondue, manager de Cofidis.
Alain Deloeil, un des directeurs sportifs, aurait même demandé à la compagne de Philippe Gaumont de transporter de l?EPO lors du Tour de France... Enfin, Philippe Gaumont a accusé Armand Mégret, médecin fédéral de la Fédération française de cyclisme, d?avoir été le premier à lui proposer un produit dopant, une piqûre de Kenacort (corticoïde).
Des aveux lourds de conséquence. Difficile de connaître le fin mot de l?histoire, de démêler la vérité du mensonge d?un coureur à la réputation sulfureuse qui a annoncé, le jour de son licenciement, son désir de se venger.
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