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Coalition colmatée sur fond d?affaire Stanley-Diljore

6 mai 2005, 00:00

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Après avoir mis en péril le gouvernement de coalition au point de ne pouvoir obtenir la majorité parlementaire et faire voter un budget supplémentaire (ESE) de Rs 247 millions, l?affaire Stanley-Diljore s?engage enfin dans la voie de la réconciliation et du raccommodage. Les choses ne sont pas simples pour autant. L?avenir de la coalition tient à une lettre. Celle que le PMSD exige de M. Diljore. Gaëtan Duval, nouveau saint Thomas, enfonce le clou : ?Nous ne voterons pas avec le gouvernement sans la preuve écrite que M. Mamode Aniff Diljore démissionnera comme contrôleur des douanes en juillet pour laisser la place à M. Guy Stanley.? Le CAM exige de son côté que le gouvernement crée un poste spécial pour M. Diljore à partir de juillet 1980, un poste qui ne sera pas d?un rang inférieur à celui de contrôleur des douanes. M. Diljore s?abrite derrière la politisation de cette affaire pour s?en remettre aux décisions que prendra le CAM. Il sera titularisé le 26 mai 1980 comme contrôleur des douanes en remplacement de M. Cangy, atteint par la limite d?âge. Il vient en fait du bureau de l?Accountant General d?où il est détaché (seconded for duty) pour être affecté à la douane. Il n?y est pas un inconnu pour autant car il y a travaillé de 1948 à 1955.

Le PMSD ne s?oppose pas à ce que M. Diljore soit nommé à un autre poste à condition qu?il ne soit plus affecté à la douane où sa présence pourrait que gêner son successeur, M. Stanley. M. Diljore fait savoir qu?il a fait assez de concessions et qu?il n?est pas prêt d?accepter n?importe quel poste.

Une incertitude menace pourtant ces arrangements de basse politique. Il reste en effet que la Public Service Commission (PSC), prétendument indépendante et pas supposée recevoir des directives, accepte de les entériner sagement. La création d?un nouveau poste pour colmater les dégâts causés par une guéguerre politique peut aussi choquer à l?heure où le gouvernement prêche à temps et à contretemps les vertus de l?austérité.

On arrive péniblement à un triste compromis : Stanley sera nommé contrôleur des douanes et Diljore, Financial Controller. Le sort du gouvernement de coalition repose désormais sur l?acceptation de cet accord. De nouveau, saint Thomas Duval exige des preuves concrètes que cet accord se matérialisera. La confiance règne à ce qu?on voit. Il menace de nouveau : pas de preuves concrètes et le PMSD continue de boycotter les travaux parlementaires. Sa menace est d?autant plus réelle qu?une nouvelle ?transfugion? parlementaire serait inopérante. Il voit mal un militant abandonnant le train de la victoire pour prendre place à bord d?un navire en détresse ou d?un corbillard.

Le PMSD quitterait volontiers un Parti travailliste, perdant chaque jour ce qui lui reste de crédit et de popularité. Il le soutient s?il le lui demande et accepte ses conditions. Sans attendre les délires de la contestation, Duval parle de la nécessité d?un PTr remanié et modéré, d?un PTr moins rouge (en mettant, par exemple une dose de Boodhoo dans le tandem J.B. David-Jagatsingh). D?un côté, Bérenger essaye par tous les moyens de s?emparer des rênes du pouvoir et, de l?autre, un octogénaire tient difficilement ces rênes. Le PMSD précise qu?il ne fait pas de chantage et exige simplement que le PTr respecte ses conditions.

Kamil Ramoly précise que Diljore est un fonctionnaire sincère, valable et droit, victime d?une man?uvre déloyale. On s?est arrangé pour qu?il ne puisse pas devenir un jour Accountant General d?où une proposition ministérielle pour qu?il soit muté à la douane. Eliézer François rappelle qu?un référendum parmi le personnel douanier s?est prononcé en faveur de M. Stanley et défavorablement à l?égard de M. Diljore. Dans un langage d?une grande obscénité, le CAM s?en prend à certains journaux qu?il accuse de ne publier que des faussetés. PMSD et CAM s?entendent toutefois sur un point : ces deux partis insistent pour affirmer que jamais, au grand jamais, dans cette affaire Stanley-Diljore, ils ont exercé le moindre chantage.

Après la signature de l?accord, le PMSD jubile tandis que le CAM se demande : ki figuir nou pou faire dans Plaine-Verte. La coalition ainsi raccommodée vote enfin le budget supplémentaire déjà rejeté, occasionnant un énième walk out du MMM.

L?affaire Diljore-Stanley se règle donc à la mauricienne avec la nomination de quatre contrôleurs des douanes en quatre mois : M. Pellegrin jusqu?au 30 avril, E. Cangy en mai, Aniff Diljore en juin et G. Stanley à partir du 1er juillet 1980. Mais déjà une autre affaire de nominations se profile à l?horizon : deux candidats de la municipalité de Vacoas-Phoenix convoitent un poste de Personal Officer. Ils sont Mme Goburdhun et M. Dayal. Ils disposent chacun de solides appuis au cabinet.

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