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Climat : Maurice pas à l?abri
Raz-de-marée, inondations, élévation du niveau de la mer et cyclones. Même si ces événements météorologiques ont toujours fait partie de la vie mauricienne, de près ou de loin, il est fort probable qu?ils séviront de plus en plus fréquemment dans l?avenir. En cause, le changement climatique. De plus, le ?réchauffement? de la planète engendre l?intensification de ces phénomènes climatiques. Circonstance aggravante également, les activités humaines, comme le bétonnage massif et la pollution, ont tendance à fragiliser les barrières naturelles, telles les récifs coralliens et les zones humides.
A Maurice, deux événements ont marqué les esprits récemment : le raz-de-marée survenu le 12 mai 2007 et les inondations en mars de cette année. Si le premier n?a pas occasionné des dégâts importants et que l?impact meurtrier du deuxième a été largement attribué au manque de rapidité des autorités, les experts s?accordent à dire que les changements climatiques sont à l?origine de ces intempéries.
?On n?est pas à l?abri des effets du changement climatique?, explique le Dr Roshan Ramessur, chargé des cours en études environnementales et cotiêres à l?université de Maurice. ?On voit une amplification des phénomènes climatiques. On va assister à davantage de phénomènes extrêmes?, lance un expert en gestion des zones côtières.
Le changement climatique entraîne aussi des changements moins perceptibles mais tout aussi inquiétants. Le fait que sept des dix dernières années ont été les plus ?chaudes? depuis 1931 ne relève probablement pas de la coïncidence. Cette hausse dans la température peut résulter en la propagation de vecteurs de maladies infectieuses, telles que les tiques et moustiques, et, par extension, des maladies elles-mêmes. Selon Une Vérité qui Dérange, livre basé sur le film-choc éponyme, ?une trentaine de soi-disant nouvelles maladies ont émergé au fil des derniers 25 à 30 ans. Et certaines vieilles maladies qui étaient sous-contrôle déferlent de nouveau?.
Le phénomène El Nino, par exemple, a engendré le blanchissement d?une grande partie des récifs coralliens qui agissent comme des brise-lames naturels contre la houle pendant les cyclones. Le bétonnage des zones humides a grandement affaibli la capacité de nos sols à absorber les eaux de pluies.
Il est douloureusement évident que Maurice est impuissante face à l?intensification des phénomènes climatiques extrêmes dans la mesure où le pays ne contribue qu?une infime fraction des émissions des gaz à effet de serre (GES). C?est donc aux pays industrialisés qu?il incombe d?endiguer leur production de ces gaz nocifs. Malheureusement, les plus gros émetteurs de GES, c?est-à-dire les Etats-Unis, l?Inde et la Chine semblent très peu enclins à mettre en ?uvre des mesures qui pourraient affecter leur performance économique.
Donc ce sont les petits Etats insulaires en développement, comme Maurice, qui paient les pots cassés. Le Dr Roshan Ramessur est d?avis que Maurice n?est pas vraiment dotée d?infrastructures et de systèmes de gestion des risques adéquats pour faire face aux menaces de changements climatiques. Il existe toutefois des moyens de minimiser nos vulnérabilités.
Il faudrait, par exemple, mettre en place des systèmes d?alertes précoces afin d?évacuer de façon opportune les populations à risque lors d?éventuelles catastrophes naturelles. Le Dr Roshan Ramessur pense également que les autorités devront apprendre à mieux communiquer avec le grand public.
Un autre problème pressant est la vulnérabilité de certaines communautés côtières comme celles qui habitent le sud-est de l?île. La précarité économique et sociale qui les caractérise font qu?elles sont particulièrement sensibles aux risques émanant des événements météo extrêmes. Il faudra prendre un soin particulier à nous assurer que ces personnes sont conscientes des dangers qui les guettent et qu?elles agiront en fonction.
Plus en amont, on devra réduire notre empreinte de carbone en enrayant notre dépendance sur les énergies fossiles et en plantant des arbres pour séquestrer les gaz carboniques. Même si cela n?aura pas un impact direct sur le climat, il nous mettra à l?abri de chocs extérieurs tels l?augmentation du prix des carburants.
Plus globalement, il faudra espérer que les gros pollueurs reprennent leurs esprits et arrêtent de tuer la planète à petit feu. Dans tous les cas de figure, les prochaines décennies seront semées d?embûches météorologiques.
LE NOUVEL ATLANTIS ?
Victime précoce du changement climatique et, plus particulièrement, de l?élévation du niveau de la mer et des tempêtes tropicales, l?archipel des Tuvalu a vu trois mètres de front de mer disparaître au cours des dix dernières années. Plusieurs fois, des habitants de ces îles du Pacifique sud ont dû être temporairement évacués lors de raz-de-marée. Pour cause, le point culminant des îles Tuvalu se situe à cinq mètres. De plus en plus d?habitants ont d?ailleurs opté de quitter l?archipel pour de bon.
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