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Claquer les mots
Le slam reprend son souffle, des collégiens donnent de la voix pour distiller une nouvelle énergie à cet art qui s?est tu dans le paysage de l?art local.
Si des manifestations ponctuelles ont lieu dans un cercle fermé, il est un fait que cet art ne vit plus la même effervescence qu?à ses débuts. Cette bouche qui s?ouvre et qui parle a perdu les mots pour tracer sa voie.
Aujourd?hui, le slamaster Stefan Hart de Keating revient avec un autre projet pour insuffler du dynamisme à cet art qu?il «a initié à Maurice.» Il prend le chemin des écoles pour trouver un autre auditoire à l?art oratoire. La voix s?élève en bon élève. Dans ce premier interscolaire du slam on note la participation des collèges Lorette de Mahébourg et de Port-Louis, La Confiance, le Saint Joseph, les Lycées La Bourdonnais et des Mascareignes, les Ecoles du Centre et du Nord (qui sera en équipe avec le Lycée Northfield International).
Gros travail en amont</B>
«Cette manifestation interscolaire sera l?occasion pour les slameurs écoliers de Maurice de s?affronter dans un esprit bon enfant et d?offrir un spectacle artistique grandiose et de qualité,» expliquent les organisateurs de ce projet. Avant la finale du 19 mars, un atelier se tient aujourd?hui au Centre Charles Baudelaire (Rose-Hill), en vue se préparer avant les choses sérieuses.
Pour arriver à cette finale, un gros travail a été effectué en amont. Il a ainsi fallu «115 heures de travail pendant 31 jours sur huit semaines dans huit établissements scolaires. 2 100 élèves de 8 à 18 ans, 70 ateliers de base et 50 tournois de présélection, avec une participation de 30 % aux tournois? »
Seront retenus pour la finale, quatre élèves par établissement. Le public sera constitué, dit-on, de «400 spectateurs slameurs qui n?ont pas été qualifiés et d?accompagnateurs motivés.» Cette finale sera animée par Stefan Hart de Keating. Les prix décernés aux gagnants seront offerts par le Centre Charles Baudelaire (CCB) et la compagnie de téléphonie mobile, Emtel.
<B> Qu?est-ce que le slam ?</B>
Pour nos amis les Américains, slam signifie faire claquer les mots. Le slam est un espace d?expression, une prise de parole libre en public. Les règles originales sont simples : la scène est ouverte à tout le monde sur inscription préalable, à l?appel de son nom on dispose de cinq minutes maximum pour s?exprimer. Le choix du texte et l?interprétation sont libres. Il n?y a pas de support musical, et un verre est offert après le passage. Un slam est le texte qu?on déclame sur une scène pendant la slam session.
Le slam est une pratique encore essentiellement amateur, même si les premiers artistes issus des scènes slam apparaissent. La diversité d?une slam session en est un des intérêts majeurs. Une personne qui slame n?a souvent pas l?habitude de la scène, l?exposition au public d?une part intime de soi donne une intensité particulière. Il y a une prise de risque. Le bafouillage, le trou de mémoire, la main qui tremble en tenant la feuille, la respiration haletante, le texte dit à bout de souffle, font partie d?une slam session. C?est de l?humain. Et le rire n?est jamais loin. Malgré ce «laisser-faire», les slam sessions sont très denses dans l?intensité des mots et des voix. Et la qualité d?un slam ne se mesure pas simplement à la force de l?interprétation et à l?inspiration du texte, mais aussi à l?émotion et à l?énergie dégagées.
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