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Citoyens de l?océan

29 mai 2008, 00:00

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Que nous habitions les États-Unis ou les îles s?urs de l?océan Indien, que nous vivions en Chine ou aux Antilles, en permanence en Europe ou de passage aux îles Kerguelen, nous baignons tous dans un même océan : l?océan mondial. Celui-ci relie, au-delà des frontières dessinées par l?homme, tous les continents entre eux et participe à tous les mécanismes à la base de la vie sur la Planète.

Or l?océan, patrimoine commun de l?Humanité, reçoit chaque année environ 7 millions de tonnes de déchets humains. Et 75 % des stocks de poissons sont surexploités. Selon divers rapports internationaux, l?Océan mondial a connu ces cinq dernières années une dégradation sans précédent.

Alors que la hausse du prix des carburants étend, chaque semaine un peu plus, ses tentacules dévastateurs, deux rendez-vous importants nous invitent à lever la tête du guidon afin de prendre le temps de scruter autour de nous. De plus en plus, on se rend compte que des réponses aux problèmes économiques actuels résident dans une plus grande prise de conscience envers l?environnement dans lequel nous baignons tous. C?est d?autant plus vrai pour les populations des pays insulaires.

Le 5 juin, on célèbre la journée mondiale de l?Environnement. L?Onu, qui met l?accent cette année sur la dimension humaine des problèmes environnementaux, veut inciter les individus à devenir des acteurs du développement durable. Et ainsi mieux répandre l?idée selon laquelle la participation des communautés locales est une condition essentielle pour le changement des comportements en matière d?environnement. Ce combat nécessite des partenariats qui assurent à tous les peuples riverains un avenir plus sûr et plus prospère.

Trois jours après l?Environnement, soit le 8 juin, ce sera la journée mondiale de? l?Océan. On oublie trop souvent que la moitié de la population mondiale, soit quelque trois milliards d?hommes, vit à moins de 80 kilomètres des côtes. En 2035, six milliards y vivront, soit les trois quarts de la population estimée. Ces chiffres, communiqués par le Réseau océan mondial (ROM), se veulent une prise de conscience « que l?Océan est vital [?] et qu?il faut agir pour sa préservation chacun à son niveau ».

Aujourd?hui quelque 35 millions de personnes habitent les zones côtières des pays du sud-ouest de l?océan Indien. Un « Programme de gestion durable de la zone côtière » (ProGeCo) se tient dans sept pays de la région, (Comores, Maurice, Seychelles, Madagascar, Kenya, Tanzanie, Somalie). Ce projet de la COI, outre une gestion durable des ressources marines et côtières, veut contribuer à la réduction de la pauvreté et au développement socio-économique. C?est un travail de longue haleine.

Pour faciliter cela, il convient pour chacun d?entre nous de reconnaître son statut de citoyen de l?océan. Bien sûr le discours écologique n?est pas nouveau ; il revient tous les ans depuis 1972 (année du décret de la journée mondiale de l?Environnement). Il a déjà établi nombre de mécanismes de contrôle et de règlements internationaux. Mais force est d?admettre qu?ils ne sont pas toujours respectés. À en juger par la dégradation qui s?aggrave?

Chaque individu peut le faire à son niveau, insiste le ROM. Le citoyen de l?Océan devrait adopter, indépendamment des programmes nationaux, un comportement responsable. Les gouvernements doivent, eux, veiller aux impacts des industries sur l?environnement et communiquer entre eux. La surveillance des eaux ne s?arrête pas avec les zones économiques exclusives. Toutes les mers communiquent entre elles. D?où un besoin de synergie.

Avec le prix du pétrole, l?industrie touristique va souffrir des billets d?avion en hausse. Et si l?océan Indien, malgré la distance, arrive à attirer toujours les touristes, c?est en raison de la beauté de ses plages et de ses lagons. La journée de l?Océan vient nous rappeler la part vulnérable de nos paysages et de nos industries de la mer. À nous de soigner nos atouts côtiers !

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