Publicité

Ciel Textile ouvre la marche vers la gamme supérieure

9 mai 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Changer de catégorie. Délaisser l?Inde, la Chine et le Bangladesh pour se mesurer aux concurrents de la gamme supérieure où se trouvent l?Europe de l?Est, la Turquie et le Portugal. C?est l?étape du repositionnement du textile mauricien. En visite à Consolidated Fabrics hier matin, le ministre de l?Industrie, Rajesh Jeetah, a pris connaissance de ces nouvelles perspectives.

Accompagné de ses collaborateurs, le ministre était à l?usine de Solitude pour une meilleure connaissance des acteurs de l?industrie. D?une part, Harold Meyer, le Chief Operating Officer (COO) de Ciel Textile, a levé le voile sur la vision du groupe pour les trois prochaines années. De l?autre, il a expliqué la proposition de rééquilibrer la production locale. Il a mis en avant un ratio de 50/50 entre la gamme basique et l?échelon supérieur.

L?industrie mauricienne se concentre à 98 % dans le segment de base. Ce sont de grosses commandes venant de clients européens à satisfaire en une moyenne de cinq mois. La concurrence est chinoise, indienne, bangladeshie et vietnamienne. Maurice est désavantagée par le coût de production. Par exemple, la fabrication d?un pull-over revient à Rs 20 au Bangladesh contre Rs 90 à Maurice. La main-d??uvre par pantalon dans une usine locale est rémunérée à Rs 45 contre Rs 12 au Bangladesh.

A l?échelle supérieure où le textile local ne consacre que 2 % de sa production, la mode dicte le pas. Les commandes doivent être satisfaites, livraison incluse, en cinq à six semaines. Les produits sont très in et nos compétiteurs sont la Turquie, la Grèce, le Portugal et l?Europe de l?Est. De loin, en termes de coût de production, l?industrie mauricienne est largement avantagée car le pull-over portugais coûte quatre fois plus cher qu?une unité confectionnée localement.

Le repositionnement du pays dans ce segment, a rappelé Harold Meyer, est tributaire de la réduction du fret aérien. Il faut trouver les moyens de le ramener à quelque Rs 25 le kilo pour le prêt-à-porter à la mode à destination de l?Europe. ?Cette approche révolutionnaire devra être promue de manière agressive afin que Maurice soit incluse en permanence dans le segment haut de gamme?, a souligné le COO de Ciel Textile.

Fabriquant 26,2 millions de pièces annuellement, le groupe qui comprend 14 500 employés, brasse un chiffre d?affaires de Rs 4,7 milliards. Il se positionne comme un one-stop shop du textile dans la région, qui sera complété avec la mise en place d?une unité de confection pour pantalons. Le ministre n?a pas manqué d?en souligner l?importance.

Ciel Textile est aussi dans un vaste programme d?investissement dans sa politique d?intégration verticale. A commencer par Consolidated Fabrics avec Rs 50 millions injectés dans l?achat de nouveaux équipements, a annoncé le Chief Executive Officer du groupe, Arnaud Dalais. Dans la stratégie du groupe à bouger vers le haut de gamme, étalée sur trois ans, la modernisation compte pour beaucoup, suivie des investissements dans la conception et l?innovation, et la formation de ressources humaines afin de répondre aux exigences de qualité de grands clients.

La transformation du groupe Ciel Textile est un exemple pour l?industrie locale. Pour que cette réussite soit partagée par l?ensemble des opérateurs du secteur, l?état-major a soumis ses recommandations à Rajesh Jeetah. Avant tout, l?Etat doit agir en tant que partenaire, bien que ?80 % des solutions soient entre les mains des opérateurs?.

Publicité