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Christian Rivalland, le maître à penser de Navin Ramgoolam, emporté par une crise cardiaque
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Christian Rivalland, le maître à penser de Navin Ramgoolam, emporté par une crise cardiaque
Le stratège électoral du Premier ministre n’est plus. Il a été terrassé par une crise cardiaque en Afrique du Sud ce vendredi 25 février. C’est à lui que beaucoup attribuent les deux victoires consécutives des rouges aux législatives.
Il était à Navin Ramgoolam ce que David Axelrod est à Barack Obama. Christian Rivalland, le maître à penser du Parti Travailliste (PTr) et « Senior Adviser » du Premier ministre, Navin Ramgoolam, a été emporté par une crise cardiaque dans l’après-midi de ce vendredi 25 février à Johannesburg, en Afrique du Sud.
Agé de 68 ans, il s’était rendu au pays de Mandela pour une délicate intervention chirurgicale aux yeux. L’opération s’était bien déroulée et il n’a pas voulu rester à l’hôpital, insistant pour retourner au « guest house » où il était descendu. C’est là qu’il a fini par rendre son dernier soupir.
Fin stratège, c’est à bien à Christian Rivalland que beaucoup attribuent l’éclatante victoire de l’Alliance Sociale en juillet 2005. Le PTr était alors dans l’opposition et c’est sur ses conseils avisés que la vague rouge a fini par déferler sur l’alliance Mouvement socialiste militant/Mouvement militant mauricien (MSM/MMM), celle-là même qui avait chassé Navin Ramgoolam du pouvoir en septembre 2000.
Toujours dans l’ombre, affable, il a encore été l’élément moteur de la campagne des législatives de mai 2010. Passionné de mathématique politique, cet ancien lauréat de la bourse d’Angleterre n’a jamais fait étalage de ses connaissances. Toujours plein d’humilité, il a pourtant fait ses études d’histoire et d’économie à la prestigieuse London School of Economics (LSE).
En Angleterre, sa passion pour la politique prend le dessus. Christian Rivalland se rend compte de l’importance du rôle d’un « campaign manager » en lisant un livre de Théodore White sur le match John Fitzgerald Kennedy/Richard Nixon en 1960. Il se met ainsi au service du Parti Travailliste anglais en tant qu’agent entre 1964 et 1966.
Après un crochet par le Middle Temple où il croise le fer avec le droit, il décide de tout quitter, estimant le sujet « trop austère ». Ses études terminées, il rentre à Maurice en 1967. Car, pour lui, l’on devait rendre au pays ce que l’on a pris. Il va ainsi enseigner l’économie au Collège du St-Esprit un an durant avant d’intégrer le groupe Espitalier-Noël.
Mais son nouvel emploi ne lui enlève pas pour autant le virus de l’enseignement. Christian Rivalland fabrique des lauréats en donnant des leçons particulières avant et après le travail. Il le fera gratuitement pour certains élèves moins nantis. Après un temps de réflexion, il lâche l’économie au profit de l’histoire et la littérature.
C’est en 1976 qu’il se rapproche du PTr. Il vient alors de couper les ponts avec le Parti mauricien social démocrate (PMSD) de Sir Gaëtan Duval. Il accepte ainsi de donner un coup de main à Sir Seewoosagur Ramgoolam pour sa campagne électorale. Paul Bérenger mordra la poussière aux élections de 1977 et de 1983 à Quatre-Bornes.
Toujours présent aux côtés des rouges, c’est ainsi qu’il s’est lié d’amitié avec le fils du « chacha » Ramgoolam. Travaillant aux côtés des agents, toujours sur le terrain, ayant ses entrées partout, Christian Rivalland avait le don de décrypter le comportement de l’électorat. Bien mieux que le service de renseignement du Premier ministre.
Nommé conseiller politique aux lendemains des élections de juillet 2005, il faisait partie du pré carré de Navin Ramgoolam, jusqu’à faire partie de son « think tank ». Aux élections de 2010, il avait ainsi prédit une victoire des rouges sur un score de 35-25 à la fermeture des bureaux de vote.
Décoré de la République, Christian Rivalland était le fils de l’ancien chef juge Sir Michel Rivalland. Il laisse derrière lui deux fil,s Louis - Group Chief Executive Officer de la Swan et de l’Anglo-Mauritius Assurance ainsi que président du Joint Economic Council (JEC) - et Patrick – directeur financier à Phoenix Beverages et ancien président de l’Association of Mauritian Manufactuers. 
La dépouille de Christian Rivalland devra être au pays mercredi, ses proches devant se soumettre aux procédures des autorités sud-africaines. De son « spin-doctor », Navin Ramgoolam a confié que ce décès est une « perte personnelle » lors d’une fonction en début de soirée, ce vendredi.
 
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