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Chirac inquiet pour la croissance mondiale
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Chirac inquiet pour la croissance mondiale
Jacques Chirac s’est inquiété mardi, dans la perspective du sommet du G8, des “profonds déséquilibres” pesant sur la croissance mondiale et de la flambée des cours du pétrole, “qui pose un vrai problème pour la gestion du monde d’aujourd’hui”.
S’exprimant à l’occasion d’une réunion avec des représentants d’ONG et de collectivités locales, le chef de l’Etat a fait part en outre de son pessimisme quant à la possibilité d’un accord sur le changement climatique à Gleneagles et sur le projet français de taxation internationale sur les billets d’avion. “Comme chaque année, nous discuterons à Gleneagles de la situation économique mondiale. Une situation marquée par la poursuite de la croissance, mais une croissance fragilisée par de profonds déséquilibres”, a-t-il estimé, selon un document de travail rendu public par l’Elysée.
Au nombre des “profonds déséquilibres”, Jacques Chirac a cité les “mouvements erratiques des taux de changes”, les “délocalisations qui s’accélèrent”, les “tensions sur les cours des matières premières, en particulier du pétrole, ce qui pose un vrai problème pour la gestion du monde d’aujourd’hui”. Le président français a souhaité que le sommet de Gleneagles (Ecosse), qui se déroule du 7 au 8 juillet, “soit l’occasion d’une discussion approfondie sur ces questions économiques”.
Toujours au chapitre économique, Jacques Chirac a exhorté implicitement les Etats-Unis à lever leurs subventions agricoles à l’exportation afin de ne pas pénaliser l’Afrique, qui “n’est pas prête pour le libre-échange avec les pays développés. Celle-ci doit pouvoir exporter davantage mais également pouvoir protéger son marché intérieur”, a plaidé “Chirac l’Africain”, qui a réaffirmé soutenir les propositions de Tony Blair en faveur du développement.
Le président de la République a notamment précisé qu’il “défendrai[t] les intérêts de l’Afrique pour une solution rapide, de la part des Etats-Unis, au dossier du coton pour lequel l’Europe a pris une position positive”. Un autre affrontement – attendu – se profile avec les Etats-Unis sur la question du climat, comme l’avait laissé entendre lundi le Premier ministre britannique. Jacques Chirac s’est dit mardi “pas optimiste”mais “déterminé” sur ce dossier. “Je ne vous cache pas que les négociations sont actuellement très difficiles”, a-t-il dit.
Il a souligné que la France ne pourrait se satisfaire d’un accord a minima ne comportant pas, notamment, “une référence claire et explicite à la science” dans la déclaration finale du G8 et “une mention claire” du protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre que les Etats-Unis, premiers pollueurs au monde, refusent de ratifier. La référence du président français à la science évoque l’appel à une «réaction immédiate» face au réchauffement climatique récemment signé par les académies des sciences de onze pays, dont celles des Etats-Unis.
<B>“Rien n’est réglé” </B>
Sur le financement du développement, Jacques Chirac a de nouveau jugé que l’annulation de la dette multilatérale de 18 pays africains était “une étape très importante”, mais il a souhaité que le G8 poursuive plus avant sur cette voie en réglant le problème de la dette des pays à revenu intermédiaire. “Les pays qui ont fait des efforts de saine gestion n’ont en effet rien obtenu”, a-t-il déploré. Le président français a par ailleurs plaidé, à l’instar de Tony Blair, pour des “financements innovants” en faveur de l’aide publique au développement que le sommet du Millénaire de l’Onu (2000) s’est engagé à porter à 100 milliards de dollars par an d’ici 2015.
Jacques Chirac a salué à cet égard le projet britannique de Facilité financière internationale (IFF), un système de prêts aux pays émergents garantis par les pays riches. Il a défendu de nouveau la proposition française de taxation internationale sur les billets d’avion pour financer la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, tout en reconnaissant que «rien n’est réglé» dans l’état actuel des négociations. “Plusieurs pays s’y opposent, mais on va essayer de la faire progresser”, a-t-il dit.
Ce projet à vocation européenne, sur une base volontaire, est récusé par plusieurs membres de l’UE (Autriche, Portugal, Espagne, Irlande, Chypre, Malte). Les Etats-Unis refusent également de s’y associer. “On négocie un ‘pacte de non agression’ avec les Etats-Unis dans le cadre du G8. On met l’accent sur le caractère volontaire de la démarche et en contrepartie, les Etats-Unis s’engagent à ne pas torpiller le projet”, explique-t-on dans l’entourage de Jacques Chirac.
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