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Chine : la nouvelle ère économique

12 juillet 2006, 00:00

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Le développement de “l’atelier mondial” pousse les paranoïas de la guerre froide à trouver en la Chine, le nouveau contre-poids des états-Unis. Dans les faits, la relation américano-chinoise tient plus d’une relation économique partenariale que de celle d’une rivalité fratricide. Pourtant cette dernière est des plus fragiles …

La relation américano-chinoise est décidemment basée sur une interdépendance forte. à la différence de vision américano-soviétique, du temps de la guerre froide, où les deux pays s’affrontaient sans coopération particulière, l’avenir de ces deux puissances est lié dans les succès comme dans les catastrophes potentielles.

En effet, le développement exponentiel de la Chine met le pays devant des besoins énergétiques draconiens l’amenant à importer actuellement 40 % de sa consommation de pétrole, qui devrait passer à 80 % d’ici 2030. Les dirigeants chinois parfaitement conscients de cette vulnérabilité font feu de tout bois, pour développer des partenariats auprès de sources diversifiées. Le Moyen- Orient reste incontestablement le fournisseur le plus important avec deux tiers des importations, dont l’US Navy garde la main- mise sur les zones maritimes d’acheminement, histoire de conserver un pouvoir virtuel de blocage qui plongerait la Chine dans une récession économique et un chaos social sans précédent. Devant ces risques, la Chine a augmenté de façon spectaculaire ses relations et ses investissements vis-à-vis de l’Afrique (Soudan, Angola, Nigeria …) de l’Amérique latine (Venezuela, …), de la Russie et des pays avoisinants (Turkménistan, Kazakhstan…) dont l’évolution devrait passer de 1,5 à 15 % dans les années à venir. Dans cet échiquier stratégique, la République islamique iranienne place ces pions pour être une alternative affranchie des USA, sur la nouvelle route de la soie.

Les performances commerciales de la Chine peuvent paraître inquiétantes pour les pays de l’Union européenne, pris en tenaille entre les deux géants. Devenue désormais le 3e exportateur mondial, la Chine produit pour l’ensemble de la planète. Et parmi ses plus importants clients, les USA sont en tête de liste achetant un cinquième de ses exportations mondiales.

D’autre part, s’il est vrai que la Chine est devenue l’atelier du monde, il faut noter que 60 % de cette production “Made in China” est fabriquée en Chine par des étrangers (Japonais, Taïwanais, Malaisiens …). Et même si la capacité de production est clairement en Chine aujourd’hui, celle de l’innovation reste bien ancrée à l’international (66 % des brevets déposés en Chine sont étrangers et 48 % des brevets déposés à l’étranger pour des réalisations en Chine sont contrôlés par des étrangers, dont 40 % par des Américains). Et sachant que la Chine est devenue le créancier de l’économie américaine, en se lançant dans l’achat massif de plus de 320 milliards de dollars de bons du Trésor américain. Autant dire que toute volonté de nuire à l’économie de l’un ou l’autre acteur entraînerait immédiatement un chaos inévitable.

L’équilibre mondial semble donc solidifié par le contrôle mutuel des géants de l’économie mondiale, mais démontre aussi sa fragilité, à l’image des événements du 11 septembre 2001.

En attendant le plaisir de notre prochain échange, bons succès dans ce nouveau monde !

<B>Bertrand LAZARE (Manager d’Operaction)

[email protected]</B>

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