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Chinatown ombres et lumières
Port-Louis 40° à l?ombre. Après les pluies torrentielles et les boutiques fermées, Chinatown, a repris ses couleurs rouge et or sous un ciel immensément bleu et un soleil de plomb.
Ce vivant quartier de la capitale se prépare à la fête du Printemps.
L?express samedi est allé y faire un petit tour, durant les dernières heures de l?année du Coq, en attendant l?Année du Chien.
C?est justement un chien, qui nous accueille au départ de la balade. Féroce et grogneur, il ne nous laissera pas passer et aboyant à tout va dans l?écho d?une petite cour, à l?entrée d?une société chinoise, sûrement fermée à cause des fêtes. On ne lui en tiendra pas rigueur.
Il attend simplement son jour. Et les sociétés ne manquent pas dans Chinatown. Comme par exemple la Chan Cha Society, appartenant au clan, ou plutôt à la famille Chan. C?est une sorte de pagode, où les membres de la famille viennent se recueillir.
La Chan Cha Society est une pagode qui date du 19e siècle et aujourd?hui soigneusement gardée par le président de la société, Guy Chan Fook, ancien membre de la force policière, aujourd?hui à la retraite. «C?est sacré et c?est notre patrimoine », explique Guy.
Les ancêtres de la famille Chan y reçoivent très régulièrement la visite de leurs descendants. La pagode, bien qu?appartenant à la famille Chan, est ouverte à tous. On peut la visiter, se recueillir un instant à l?ombre rouge et sacrée.
Chinatown est l?idéal pour faire ses courses. Et l?on adore s?y laisser traîner des heures, à regarder les mêmes choses, en sachant que l?on va toujours faire de bonnes affaires.On trouve de tout. Coiffeur, tailleur, pharmacien, jeux vidéos, il suffit juste de passer dans l?ombre d?une petite porte en bois, pour découvrir de nouvelles choses. A l?heure du déjeuner, là encore, on peut trouver de tout et on a l?embarras du choix.
Une chopine de coca bien glacée pour se rafraîchir les esprits et un bon bouillon brûlant. Eprouvante mais délicieuse expérience. Et un cliché bien savoureux.
Si l?on ne tient pas le coup, on peut toujours rendre visite à Ho Ng Ho Tong Chong, aussi appelé Ha Tong. Ancien travailleur d?usine, a repris le commerce de son oncle. La silhouette longue, la barbe fine et les lunettes épaisses, il dirige un magasin d?alimentaire et médicaments, les tisanes.
Derrière les vitrines et tables, un haut secrétaire aux multiples tiroirs, renferme tous les remèdes. Ce natif de Chinatown serait le dernier apothicaire, ou, comme il aime à plaisanter, « le dernier des Mohicans ».
Mais avant de partir, un petit tour du côté de Juchen Yang. C?est dans un couloir que Juchen a installé son comptoir de verre. A l?intérieur, des gâteaux « lasir » et autres mets à emporter, que les passants viennent acheter. Timide mais efficace, Juchen enchaîne les vente, aidée de sa fille Kelly.
Emballé, c?est pesé et prêt à déguster, demain, pour fêter la nouvelle année et se rappeler qu?il faudra revenir pour une autre expédition dans cette cité de la grande ville, loin d?être Interdite, chaudement recommandée.
S.K.
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