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Chikungunya : l?absence d?un constat fait tiquer
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Chikungunya : l?absence d?un constat fait tiquer
Depuis deux jours, les autorités ont choisi de ne pas donner de chiffres sur le nombre de personnes atteintes de chikungunya. Pour certains, il s?agit de protéger le secteur touristique. Pour d?autres, de ne pas alarmer la population. Une source au ministère de la Santé avance cependant que les chiffres ne reflètent pas la réalité.
Pourquoi ? L?on explique que souvent, dans une famille, seule une personne atteinte se tourne vers la Santé alors que cinq autres subissent les mêmes symptômes.
De plus, les quelques cas recensés dans le privé ne parviennent pas au ministère. D?où la décision de ne pas communiquer les chiffres, à moins que le cabinet ministériel n?en décide autrement aujourd?hui.
A son retour de l?étranger, le chef du gouvernement, Navin Ramgoolam, a exprimé sa préoccupation et s?est entretenu avec le ministre de la Santé par intérim, James Burty David, pour s?enquérir des derniers développements.
En l?absence de chiffres, toutes les spéculations sont permises : l?éventualité que la maladie ait pris des proportions alarmantes, confortant ceux qui, à Mahébourg, crient déjà à l?épidémie.
Le ministère de la Santé se veut, lui, rassurant et affirme que la situation est sous contrôle. D?ailleurs, un communiqué du ministère de la Santé émis, hier, à l?intention des tour-opérateurs et agents de voyages, précise que ?a few cases have been noted?. ?Pour l?image du pays et pour rassurer les touristes, il faut donner des chiffres, afin de démontrer que ce ne sont vraiment que des few cases?, note un habitant de Mahébourg, très engagé sur la question.
Dans ce village précisément, en l?absence de chiffres officiels, les habitants ne manquent pas de grossir les chiffres. De 400 dimanche à 200 par jour, c?est l?escalade. Le ministère de la Santé a dépêché hier le Community physician, le Dr Aboobakar pour faire le point sur la démoustication à Mahébourg.
Le ministère de l?Environnement nettoie les bords des rivières et celui des Administrations régionales s?attaque aux accumulations de déchets et de pneus, entre autres. Aujourd?hui, un exercice de désinsectisation et la destruction des gîtes larvaires commencent dans les écoles.
Certains enfants comme Rajesh, 5 ans, habitant de Mahébourg, n?y ont pas échappé. Comme tous les enfants de son âge, il a l?habitude de courir à longueur de journée. Cependant, il pouvait à peine marcher toute la semaine durant. Souffrant de forte fièvre, il a dû se faire admettre en clinique.
?Il est encore faible?
?Nous avons vraiment paniqué. Les fortes douleurs dans ses articulations nous ont davantage préoccupés. Mais après deux jours de forte fièvre et de douleurs, à coup d?anti-inflammatoires et autres calmants, il est sorti de la clinique. Il est encore faible mais son envie de courir ne l?a pas quitté?, raconte son père. Le même jour, sa grand-mère a aussi été victime du fameux moustique, Aedes. Cependant, il faut savoir qu?une première contamination immunise la personne pour plusieurs années.
Le ministère rappelle aux médecins du privé de même qu?aux cliniques de rapporter tout cas de chikungunya, les règlements du Public Health (Infectious or Communicable Diseases) (Amendment) Regulations 2006, rendant obligatoire au privé d?informer le ministère de la Santé sur tout cas. Les adresses et les numéros de téléphone de treize centres de santé devraient permettre aux médecins de faire le nécessaire.
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